Pour autant que j’arrive à rassembler mes souvenirs, j’ai connu Toinan en classe de 5ème. Enfin, moi j’étais en 5ème, lui en 4ème. Ce qui nous a rapproché, étrangement, c’était le rôlisme. Parce que ouais, à l’époque j’aurai donné père et mère pour devenir un grand joueur de jeu de rôle, façon pour moi de sortir un peu de mon image de petit garçon bien sous tout rapport, doué en maths et nul en relations sociales. Et à vrai dire, ma seule expérience de rôlisme a eu lieu sous l’égide d’Antoine. Ce fut court, intense, et pas très concluant, c’est probablement pour ça que je suis retourné à mes problèmes de maths. En fait, c’était tellement le bordel qu’en une demi-journée, il a juste eu le temps de planter le décor, et de tirer une rafale de Uzi dans le vide (j’ai fait un échec critique en visant un vilain preneur d’otages) en me jetant à terre. Epic fail. Je n’ai plus jamais joué aux jeux de rôles. J’ai bien une paire de fois fait des fiches de persos, mais plus jamais rejoué. Ca me manque pas plus d’ailleurs.
Après ça, Antoine a longtemps été quelqu’un que je connaissais, que j’appréciais, mais que je ne fréquentais pas plus que ça, parce qu’on partageait assez peu. Vu qu’il avait un an de plus que moi, on fréquentait pas les mêmes personnes ni les mêmes lieux. Comme pour un certain nombre de personnes, il aura fallu qu’on sorte du milieu scolaire pour se retrouver. En l’occurrence, pour autant que je me souvienne, il sera rentré dans la famille d’abuseurs si chère à mon cœur à l’une des innombrables soirées quinto (pour les incultes, le quinto est un jeu qui nécessite deux dés, un bol jaune, un annuaire, et au moins un pack de 24 bières par participants). Il est venu une fois par curiosité, il est revenu une deuxième fois pour le plaisir, et il n’a plus quitté la famille. Enfin si, plus ou moins, vu qu’il habite aujourd’hui Paris et qu’il revient à peine une fois par mois pour le plus grand plaisir des abuseurs strasbourgeois. Mais il est toujours à portée d’un coup de fil à minuit et demi.
Parce qu’Antoine est toujours heureux de nous voir débarquer, même si c’est à travers les ondes, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. J’ai pas souvenir d’une fois où ça ne l’ai pas fait marrer qu’on l’appelle pour lui raconter la dernière connerie. De toute façon, je me souviens pas avoir vu Antoine autrement qu’un sourire aux lèvres, prêt à suivre le moindre plan foireux que l’on pourrait monter. J’ai failli rajouter « avec un Tshirt pourrave sur le dos », mais c’est pas vrai, il est devenu un vrai business-man maintenant. Cela dit, je persiste, il a un stock de Tshirt promotionnels tous plus pourris les uns que les autres, qu’il porte avec fierté et dont il refuse de se séparer, même quand ils sont parsemés de trous. De toute façon, il se fout pas mal du ridicule, et c’est aussi pour ça qu’il continue de nous surprendre en permanence. Dude, you rock my world !
T’en as de la chance! Moi, les gens que j’ai connu à l’école, à part de rares perles, j’ai bien envie de leur vomichier à la tronche direct. D’ailleurs c’est sans doute pour ça qu’ils m’évitent. J’ai pas fait psychopathe option krav pour rien.
Ah j’ai eu mon lot de connards à l’école aussi. Mais je n’en parlerai pas ici, c’est pas le but. Je ne parle que des meilleur(e)s, ici.