The Nameless Shameless n°22

Edition précédenteIdée générale

Alors en très rapide encore ce mois ci parce que je suis toujours à la bourre et que ça s’arrange toujours pas…

Strain1Strain2Le prix Irmou : The Strain 1 : La lignée (I)
Scénariste : David Lapham (Guillermo Del Toro & Chuck Hogan)
Dessinateur : Mike Huddleston
Éditeur : Panini

Les vampires vus comme une épidémie infectieuse que le gouvernement américain s’efforce de juguler dès son arrivée à l’aéroport …

Blackest1Blackest2Le prix Pop-Corn : Green Lantern, Blackest Night 2 : L’armée des ténèbres
Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Ivan Reis, Doug Mahnke
Éditeur : Urban Comics

La suite et fin de Blackest Night, le gros évènement des Green Lantern. C’est beau, c’est grand, c’est fort, et ça tabasse.

Gravel1Gravel2Le prix du potier : Gravel 4 : Le dernier roi d’Angleterre
Scénariste : Warren Ellis
Dessinateur : Mike Wolfer
Éditeur : Panini

Une suite logique, prévisible, prévue, évidente, mais tellement bonne… Il fallait le véritable dernier roi d’Angleterre (Warren Ellis himself) pour faire ça.

Sylvaine1Sylvaine2Le prix Teaser : Sylvaine : Itinéraire d’une enfant pauvre
Scénariste : Stan Silas
Dessinateur : Stan Silas
Éditeur : Makaka

Un spin-off de La vie de Norman. C’est étrangement très différent et quelque part tellement proche…

Severed1Severed2Le prix Littéraire : Severed
Scénariste : Scott Snyder & Scott Tuft
Dessinateur : Attila Futaki
Éditeur : Urban Comics

Une histoire originale d’un serial killer au début du 20ème siècle. C’est bien raconté, c’est prenant, et ça vise juste.

Goon1Goon2Le prix Continuum : The Goon 10 : Malformations et Déviances
Scénariste : Eric Powell
Dessinateur : Eric Powell
Éditeur : Delcourt

Parce que c’est pas simple de tenir 10 tomes avec un concept aussi simple que le Goon. Et c’est surtout pas simple de bien le faire.

Medecine1Medecine2Le prix Perspective : Bad Medecine 1 : Nouvelle Lune
Scénariste : Nunzio DeFilippis & Christina Weir
Dessinateur : Christopher Mitten
Éditeur : Atlantic

Un concept intéressant à mi-chemin entre Fringe, Docteur House, et quelques autres idées bien senties.

Brit1Brit2Le prix That’s All Folks : Brit 3 : Gueule cassée
Scénariste : Robert Kirkman
Dessinateur : Nate Bellegarde & Andy Kuhn
Éditeur : Delcourt

Parce que finir Brit correctement, c’est pas simple. Heureusement, l’univers de Brit est plein de choses intéressantes, comme Invincible, ou Wolf-Man.

The Nameless Shameless n°21

Edition précédenteIdée générale

Alors en très rapide ce mois ci parce que je suis à la bourre et que j’ai des milliards de choses à faire (et ça va pas s’arranger)…

Locke1Locke2Le prix Irmou : Locke & Key tome 4, les clés du royaume
Scénariste : Joe Hill
Dessinateur : Gabriel Rodriguez
Éditeur : Milady

Locke & Key, j’arrête pas de le dire, c’est bien. Et c’est creepy à souhait. Et c’est bien. Lisez le.

JakeEllis1JakeEllis2Le prix Pop-Corn : Qui est Jake Ellis ?
Scénariste : Nathan Edmonson
Dessinateur : Tonči Zonjić
Éditeur : Panini

Un comics US qui se passe à Strasbourg … Un ovni ! Avec en prime une belle représentation de notre merveilleuse cathédrale et du parlement européen </chauvin>

SecretWarriors1SecretWarriors2Le prix Lynch : Secret Warriors tome 3, Renaissance
Scénariste : Jonathan Hickman
Dessinateur : Alessandro Vitti
Éditeur : Panini

Le fin des Secret Warriors, avec un titre trompeur puisqu’il y a plein de morts.

Cercle2Cercle1Le prix du potier : Le Cercle tome 1, Your True Colors
Scénariste : Andoryss
Dessinateur : Nesskain
Éditeur : Delcourt

Du comics, mais français ! C’est pas le premier, mais ça a le mérite d’être souligné.

Codeflesh1Codeflesh2Le prix Perspective : Codeflesh
Scénariste : Joe Casey
Dessinateur : Charlie Adlard
Éditeur : Delcourt

Le dessinateur de Walking Dead qui fait du super-héros… ! Cela dit, ça reste ciblé sur la psychologie des héros, et pas tant sur leur héroïsme (pas du tout d’ailleurs).

DoUsPart1DoUsPart2Le prix Continuum : Jusqu’à ce que la mort nous sépare 17
Scénariste : Hiroshi Takashige
Dessinateur : Double-S
Éditeur : Ki-Oon

Cette série là aussi j’arrête pas de dire que c’est du bon. Et ça continue. Et il y a plein de nouveaux personnages en action. Et c’est du bon !

Sarulock1Sarulock2Le prix That’s All Folks : Saru Lock 22
Scénariste : Naoki Serizawa
Dessinateur : Naoki Serizawa
Éditeur : Pika

Saru Lock, c’est toujours aussi drôle, mais c’était une bonne idée de le finir.

Canvas1Canvas2Le prix That’s All Folks : Saint Seiya, The Lost Canvas 25
Scénariste : Masami Kuramada
Dessinateur : Shiori Teshirogi
Éditeur : Kurokawa

C’est les chevaliers du zodiaque avant les chevaliers du zodiaque. Donc c’est bon. Et c’est fini.

Oui, j’avais dit que ça serait rapide ce mois ci !!!

The Nameless Shameless n°20

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blackest1Le prix Irmou : Blackest Night 1, Debout les morts
Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Ivan Reis, Doug Mahnke & Gene Ha
Éditeur : Urban Comics

Un titre que j’avais suivi de près lorsqu’il était paru outre-Atlantique, enfin disponible proprement chez nous (je dis proprement parce que Panini, précédent détenteur des droits DC Comics, avait fait une vaine tentative précédemment). Il est question ici d’un crossover qui démarre dans l’univers de Green Lantern, qui, après avoir découvert qu’il n’existe pas qu’une seule couleur de lanterne, mais sept au total (Jaune, Orange, Rouge, Vert, Bleu, Violet, Indigo, ça doit vous rappeler quelque chose) dont chacun est lié à une émotion (Peur, Avarice, Rage, Volonté, Espoir, Amour, Compassion), découvre maintenant qu’il existe une huitième couleur qui n’en est pas une : le noir, qui est lié à la mort (et donc par extension pour les gens pas trop mal lunés, on apprendra rapidement qu’il existe aussi le blanc, lié à la vie). Evidemment, dit comme ça, ça a l’air vachement compliqué (et je ne nierai pas que si on ne connait pas un minimum cet univers, ça l’est).

blakest2Là où c’est rigolo, c’est que c’est l’occasion pour DC de jouer à un jeu très rigolo. Les Black Lantern étant liés à la mort, seuls les morts peuvent être recrutés. Et vu que ça fait plus de 50 ans que les héros et les vilains de DC se tape sur la gueule, des morts, il y en a, aussi bien chez les bons, que chez les méchants, que chez les autres. Bah oui, les autres, ceux qui n’ont jamais rien demandé à qui que ce soit. Par exemple les parents de Bruce Wayne, tués alors qu’il n’étaient qu’un enfant. Evidemment, c’est aussi l’occasion de faire revivre plein de méchants décédés, quelques gentils (parce que ceux là ne restent pas morts bien longtemps), et même dans un moment d’anthologie, une planète entière (détruit par l’erreur d’un Green Lantern justement). Et le meilleur est pour le second tome, où on va voir tous les héros qui un jour sont morts et revenus à la vie depuis devenir eux aussi des zombie Black Lantern…

messiah1Le prix Pop-Corn : X-Men : Le complexe du messie
Scénariste : Ed Brubaker, Peter David, Chris Yost, Craig Kyle & Mike Carey
Dessinateur : Marc Silvestri, Billy Tan, Scot Eaton, Humberto Ramos & Chris Bachalo
Éditeur : Panini

Je ne suis à la base pas un grand fan des X-Men, parce que leur continuité est un vrai bordel (la faute aux scénaristes qui cherchent de nouvelles idées à raconter…). Le complexe du messie n’y fait pas vraiment exception, puisque l’une des chutes de l’histoire (attention spoiler), c’est que le Professeur Xavier est tué (par accident, mais il prend quand même une balle en pleine tête). C’est pas la première fois qu’il meurt, mais en général il meurt dans une grande décharge de lumière et son corps est réduit en poussière, ce qui permet de faire croire qu’en fait il n’est pas mort. Le truc, c’est que pour avoir lu le dernier crossover Marvel, qui s’intitule Avengers vs X-Men (tout dans la subtilité), la chute de celui ci c’est… que le professeur Xavier meurt (une fois de plus). Damn, ce sagouin revient à la vie à chaque fois pour mourir à nouveau la seconde d’après…

messiah2Au delà du fait que les grosses maisons d’éditions ne savent pas faire mourir leurs héros, ce qui est notable ici, c’est les dessinateurs réunis, en particulier trois : Marc Silvestri, qui fait de très belles choses, mais très abusées aussi (avec lui, toutes les héroïnes font du 95D et n’ont pas froid en plein alaska alors qu’elles ne portent même pas de quoi leur couvrir les jambes) ; Humberto Ramos, dont le style est rafraichissant parce que ce qu’il fait est plus un cartoon qu’une représentation de la réalité (si on considère le dessin de Silvestri comme de la réalité…) ; et Chris Bachalo qui fait un mélange des deux précédents, avec les avantages et les inconvénients de chacun. Bon, soyons franc, c’est pas la faute de Silvestri si ses héroïnes ne sont pas habillées, c’est comme ça depuis des dizaines d’années chez les X-Men.

children1Le prix Lynch : Avengers, La croisade des enfants
Scénariste : Alan Heinberg
Dessinateur : Jim Cheung & Alan Davis
Éditeur : Panini

Déjà à la première sortie des Young Avengers, j’avais adoré lire leur histoire. Chidren’s Crusade profite des premiers éléments qui avaient été lachés, les mêle aux problèmes liés à l’histoire de House of M (la Sorcière Rouge qui avait foutu le bordel dans la réalité), pour concocter une histoire assez tordue. Pour rappel, les Young Avengers sont une équipe officieuse dont chaque membre est lié de près ou de loin à un Vengeur existant. On a la fille de l’Homme-fourmi, le neveu (de tête) du premier Captain America (pas celui qu’on connait, un autre qu’ils ont sorti du chapeau), Le fils de Captain Marvel et de la reine des Skrulls, Kang le conquérant alors qu’il était jeune et pas trop con, une copie conforme d’Oeil de faucon, mais avec des seins et moins habillée, et pour finir, le clou du spectacle, les deux fils de la sorcière rouge, dont l’un semble avoir les mêmes pouvoirs qu’elle.

children2Donc se pose la question de savoir si ce fils est capable de foutre le même bordel que sa mère, et si c’est le cas, comment le maîtriser ? Evidemment, c’est le même dilemme que dans House of M, où certains veulent simplement le tuer, d’autres préféreraient jouer les chaperons. Et pendant ce temps là, histoire de bien compliquer l’ensemble, Magneto, grand ennemi des X-Men (par moment, des fois il joue dans leur camp) et père de la Sorcière rouge, vient retrouver ses petits fils pour leur dire qu’en fait, leur mère est encore en vie (quand je vous dit que les gens ont du mal à mourir chez Marvel et DC…). Et histoire de couronner le tout proprement, la Sorcière rouge est… chez le Docteur Fatalis (le grand ennemi des 4 fantastique et méchant de premier choix de l’univers Marvel). Quand je vous dit qu’ils ont fait quelque chose de tordu…

kryptoniteLe prix Justice : Superman, Kryptonite
Scénariste : Darwyn Cooke
Dessinateur : Tim Sale
Éditeur : Urban Comics

Je suis à la base pas un gros fan de Superman. Le fait est que, ce mec est trop abusé. Il ne craint pas grand chose, il est super fort, super rapide, souffle de la glace et il a des lasers dans les yeux. Ah oui et il vole. Bref, le type qui ne craint rien. A partir de là, qu’est ce que vous pouvez lui mettre comme ennemi valable ? Pas grand chose. Le seul ennemi à sa taille qu’on a vu un jour, c’est Doomsday, un monstre extraterrestre avec un nom anglais qui a tué Superman (sans réussir pour autant à l’empêcher de revivre par la suite…). Donc bref, je trouve toujours ses histoires un peu fades. Mais évidemment, il y a la kryptonite, le caillou vert qui rend superman super faible (en fait, il y a plein de kryptonites différentes qui ont toutes des effets différents sur superman, mais il faut croire que la postérité n’a préféré retenir que celle qui faisait à peu près sérieux).

kryptonite2Il est donc question ici de Superman, et de sa première rencontre avec la kryptonite. Oui, ça remonte, c’est pour ça que le style de dessin est un peu retro. Parlons du dessin justement, puisque Tim Sale est un dessinateur extraordinaire, qui sait mieux que personne faire ressortir le meilleur des dessins d’autrefois (comprendre par là que le dessin fait old school, ce qui tombe bien vu qu’on raconte une histoire qui théoriquement a eu lieu dans les années 70 je crois). Et les gens qui ont lu sa version de Spider-Man (Bleu) ou dans une moindre mesure ses versions de Hulk (Gris) de Daredevil (Jaune) ou de Captain America (Blanc. Oui, c’est pas juste une couleur, c’est le titre des bouquins qu’il a dessiné), ne pourront pas me contredire.

chaos1Le prix Perspective : Chaos Team 1.1
Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat
Éditeur : Akileos

Par les auteurs de Block 109, un nouvel extra-terrestre à plus d’un titre. là où Block 109 était une uchronie sur le seconde guerre mondiale, Chaos Team est une anticipation sur une invasion extraterrestre. Ou plutôt une anticipation après une invasion extra-terrestre. Le tableau est assez simple à cerner : les extra terrestre (qu’on voit peut dans ce volume) sont arrivés sur terre, nous ont cassé la gueule, et son repartis en orbite en laissant une bonne moitié d’humains jouer dans les ruines de la civilisation. C’est à peu près tout ce qu’on saura des aliens dans ce tome, si ce n’est qu’on se laisse entendre qu’ils reviennent parfois faire des incursions et que personne ne comprend ce qu’ils veulent vraiment.

chaos2Et donc les survivants humains se sont fédérés en petits groupes, certains rassemblés autour d’une religion, d’autre autour de groupes préexistants, et d’autres probablement à voir dans les tomes suivants. Mais c’est pas ces groupes qu’on va suivre, c’est une équipe de mercenaires (la Chaos Team), qui se vend au plus offrant pour assurer différentes mission ; sécurité, assistance sur le terrain, assaut, etc… Evidemment, dans un monde en ruine, c’est plus tout à fait pareil qu’avant l’invasion des extra-terrestre, surtout quand on a besoin de renouveller certains membres de l’équipe. Bref, une vision intéressante de la guerre menée par des mercenaires, le tout dans un environnement post-apocalyptique bien décrit.

iris1Le prix Booby Trap : Assistante Executrice 1, Iris
Scénariste : David Wohl
Dessinateur : Eduardo Francisco
Éditeur : Delcourt

Encore une de ces BD qui aurait gagnée à ne pas être traduite. Le titre anglais (Executive Assistant Iris) était autrement plus amusant. Mais bon, ici, on ne vient pas pour la qualité de la traduction. Le principe d’Executive Assistant, c’est qu’une bande de gamines sont recueillies dès leur plus jeune age, puis entrainées pendant des années à toutes formes de combat, d’armes, et de tactiques militaires, pour ensuite être vendues à de riches hommes d’affaires qui veulent un garde du corps avec des seins et capable de tuer leurs concurrents au moindre coup d’oeil. L’Executive Assistant de base doit satisfaire à toutes les demandes de son maître, et ça va évidemment dans les dérive qu’on peut imaginer. C’est pas grave elles ont été entrainées pour ça aussi.

iris2Iris est donc l’une de ces assistantes qui passe sa journée en tailleur et talons aiguilles, et ses nuit en combinaison noire moulante histoire de tuer les méchants à coup de sabre tout en agitant ses attributs devant le lecteur ébahi. Sauf que, évidemment, et c’était gros comme une maison, un jour son employeur va la contrarier, et elle va se dire que son employeur aussi est un méchant, ça tombe bien, elle en execute tous les soirs. Et elle va donc partir en guerre contre son ancien maître, perdre des choses auxquelles elle tenait dans la bataille, et découvrir d’autres choses, qui ne sauraient que mener à un second tome, où on verra encore plus d’Executive Assistants à moitié à poil se battre contre des méchants qui ont des gros flingues mais visiblement pas un poil de talent.

hellboy1Le prix That’s All Folks : Hellboy 13, L’ulitme tempête
Scénariste : Mike Mignola
Dessinateur : Duncan Fegredo
Éditeur : Delcourt

Hellboy, c’est un titre dont je n’ai pas beaucoup parlé ici jusqu’à présent, non pas parce que c’était pas bien, mais parce que j’attendais la fin pour le lire en entier. C’est donc chose faite avec ce treizième tome, qui conclut les aventures d’Hellboy… avant de les recommencer dans le prochain tome à paraître (qui sera un tome 1 en plus). Non, Hellboy n’est pas mort et ne va par revivre dans ses prochaines aventures. Enfin, … (attention spoilers), si, il est bien mort. Mais il ne reviendra pas. C’est pour ça qu’en anglais (j’attends de voir la traduction calamiteuse en français), la suite s’appelle Hellboy in Hell. Oui, c’est un peu joué sur les mots, mais je trouve que ça ouvre des perspectives intéressantes, et pour la peine, ça vaut bien qu’on recommence la série au numéro 1.

hellboy2Et donc, Hellboy, qui est venu au monde destiné à le détruire en réveillant les sept qui sont un, le dragon,l’Ogdru Jahad, va enfin savoir s’il peut changer sa destinée et ne pas mener notre monde à sa perte, mais bien le sauver de tous ces monstres et de la sorcière Nimué en particulier, qui semblent avoir attendu sa venue pour mettre leur plan en marche, avec ou sans lui. Pour l’occasion, c’est la première fois qu’on voit Hellboy vraiment blessé (je ne parle pas des quelques égratignures qu’il a pris dans les tomes précédents, il n’en a jamais gardé la moindre marque), chose est est d’ailleurs bien masqué sur la couverture où on ne voit pas qu’il lui manque un œil. Et oui, donc, il meurt à la fin, mais pas le monde avec lui.

peur1Le prix That’s All Folks : B.P.R.D. 11, Le roi de la peur
Scénariste : Mike Mignola & John Arcudi
Dessinateur : Guy Davis
Éditeur : Delcourt

En parlant de la fin d’Hellboy, on ne peut que parler de la fin de B.P.R.D., le spin-off d’Hellboy, qui suit donc les traces du Bureau for Paranormal Research and Defense (je le donne en anglais historie de coller à l’acronyme), à partir du moment où Hellboy l’a quitté (le tome 6 d’Hellboy je crois). Onze tomes où on a vu défiler pas mal de figures… Toujours les grands classique comme Abraham Sapien l’homme poisson, ou Liz Shermann la pyrokinétique, en passant par Roger l’homoncule, le capitaine Daimio le jaguar-garou et Panya la momie aztèque pas vraiment morte. Et quelques humains pour bien ancrer l’histoire dans la réalité. Enfin, bon, ce qui reste de la réalité.

peur2Parce que là où Hellboy s’évertuait à suivre les trace d’une seule personne et de le voir affronter quelques monstres jusqu’à ce qu’il finisse par trouver le bon, B.P.R.D. voyait les choses en grand, avec un arc qui s’appelait (en anglais toujours) Hell on Earth. Oui, eux ont eu droit à une invasion de monstres grenouilles, à l’arrivée de gigantesque monstres tentaculaires qui ont dévasté des villes entières, à des monstres à forme plus ou moins humaine qui imaginaient régner sur terre, et d’autres qui voulaient juste apporter le maximum de monstres bizarroïdes pour la réduire en cendre. Chez eux, on a donc affaire à de grosses menaces qui n’ont rien à envier à l’Ogdru Jahad. Et eux aussi seront rebootés en même temps qu’Hellboy dans les prochains temps.

The Nameless Shameless n°19

Edition précédenteIdée générale

Indicible1Le prix Irmou : Indicible tome 1, Les Dieux Noirs
Scénariste : Patrick Renault
Dessinateur : Francisco Ruizge
Éditeur : Soleil

A la base, j’étais pas trop convaincu par Indicible. Il aura fallu un peu d’insistance de la part de mon libraire préféré pour que je m’y mette. Ce qui m’a surtout convaincu, c’est le résumé qu’il m’en a fait : une expérience scientifique ratée, des événements inexpliqués, et un garçon qui est le seul à voir ce que personne ne semble capable de discerner : des monstres tentaculaires qui débarquent sur Terre.Indicible T1.indd A la lecture de ce tome, je confirme l’essentiel de ce scénario, même si c’est parfois un peu plus subtil, et que l’invasion est moins silencieuse qu’il n’y parait.

Le scénario, sans être tout à fait original, sait distiller quelques subtiles notes de nouveauté appréciables, et promet un final certainement bien rigolo, et assurément rapide puisque l’histoire est prévue en deux tomes. Le dessin, quant à lui, est loin d’être mon préféré, même si je n’ai fondamentalement rien à lui reprocher. C’est pas mon style, mais ça se laisse lire sans déplaisir.

Chaos1Le prix Pop-Corn : Lords Of Chaos tome 1
Scénariste : Izu
Dessinateur : Shonen
Éditeur : Pika

Nouvelle série que j’ai découverte un peu par hasard, en traînant chez mon libraire, Lords Of Chaos m’a séduit juste parce que c’est un travail des mêmes auteurs qu’Omega Complex, que j’avais bien apprécié. C’est d’autant plus original de voir deux européens associés pour réaliser un manga, bien fait en plus.Chaos2

On trouve donc ici les grands principes de l’écriture du manga, mais avec quelques touches assez particulières, comme par exemple le fait que l’action se passe en France. Pour autant, on n’est pas à l’abri des abus typiques du manga, comme par exemple les personnages féminins qui portent exclusivement des robes ultra-complexes et ultra-courtes. Scénaristiquement, mis à part quelques défauts linguistiques dont je suis probablement le seul à me soucier, l’histoire se tient, même si elle reste globalement assez classique : deux jeunes éduqués dès leur plus jeune age pour combattre un ordre maléfique qui utilise d’anciennes magies oubliées et invoquent des monstres à leurs secours dans un style qui n’est pas sans rappeler Final Fantasy.

Badass1Le prix 1337 : Bad Ass tome 1 : Dead End
Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Bruno Bessadi
Éditeur : Delcourt

Ca faisait longtemps que j’avais pas autant rigolé en lisant un comics US. Sauf que ce n’est pas un comics US, mais français. Chapeau ! A bien y réfléchir, je ne crois pas avoir déjà ri comme ça en lisant un comics tout court, parce que les autres comics poilant que j’ai lu jusqu’à présent ont toujours gardé une part de sérieux, Badass2même bien caché sous trois tonnes de cynisme. Ici par contre, s’il y a du sérieux, je ne l’ai pas encore trouvé.

Et donc Bad Ass, c’est pour l’instant l’histoire de Dead End, un méchant dont le seul pouvoir est d’avoir une chance non seulement insolente, mais totalement surréaliste. LE genre de chance qui lui fait éviter les coups et les balles, qui lui fait faire des ricochets de malades sans même viser, et qui lui fait deviner à peu près tout ce qu’il y à a savoir dans les circonstances où il se trouve. Enfin un méchant qui a de la classe, et les héros qu’il rencontre affichent tout le ridicule classique qu’on peut trouver à l’univers des super-héros. C’est plein de référence pour qui connaît bien ce milieu là et c’est aussi ça qui rend ce titre aussi bon.

Aslak1Le prix Lynch : Aslak tome 2, Le mât du milieu
Scénariste : Hub & Fred Weytens
Dessinateur : Emmanuel Michalak
Éditeur : Delcourt

Aslak, c’était au départ une histoire de viking. Bon, une histoire un peu spéciale puisqu’il était question de deux jeunes conteurs de saga qui devaient rafraîchir leurs histoires. Jusque là, c’est facile à suivre. Mais à force de naviguer dans les eaux lointaines, ils ont fini par trouver le bord du monde de Midgard, et se sont gauffrés au pied de l’arbre monde (Yggradsil pour les gens qui n’auraient pas suivi). Et là, le scénario part en sucette.Aslak2

Attention, je dis pas que le scénario n’est pas bon, mais faut s’accrocher ferme pour suivre. En temps normal j’aurai attendu la sortie des 5 à 6 tomes qui composeront cette histoire pour commencer à les lire, mais la venue du dessinateur chez mon libraire favori m’a poussé à lire les deux premiers. En parlant de ça, le dessin est bien fait, justement. J’étais loin d’être convaincu par la couverture du premier tome, mais en fait si, c’est bien, il y a juste quelques détails à passer, et on se plonge dans l’histoire sans y réfléchir.

Cyber1Le prix Teaser : Cyber tome 1, la colère d’Arès
Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Zivorad Radivojevic
Éditeur : Soleil

Au delà de la couverture qui n’est pas sans rappeler le pitch de toute une génération de jeux vidéo, l’histoire de cyber semble sommes toutes classique. Un enfant surdoué, éduqué par l’état, qui va en faire une véritable machine de guerre inarretable, jusqu’au jour où, ladite machine de guerre va se rendre compte que la cause de l’état n’est pas toujours la bonne, et va donc décider de se rebeller.Cyber.indd

Oui, c’est pas très original présenté comme ça, mais le peu qui est présenté dans ce premier tome est quand même bien fichu, bien amené, et agréable à lire. Le soucis est quelque part quand même bien énoncé : le scénario est pour l’instant un peu avare en détails intéressants, les détails qui justement vont faire sortir cette histoire du grand classique. Du potentiel, il y en a, mais est ce qu’il sera bien exploité… on lira ça dans le tome 2.

War1Le prix Teaser : World War X tome 1, Hélius
Scénariste : Jerry Frissen
Dessinateur : Peter Snejbjerg
Éditeur : Le Lombard

Au registre des couvertures qui en disent long sur le contenu de la BD, World War X se classe assez bien. Des créatures étranges dont on ne sait pas vraiment si elles sont extra-terrestres ou juste des êtres anciens réveillés par erreur, et qui visiblement ne veulent pas du bien à l’humanité. War2L’humanité d’ailleurs qui a l’air d’en prendre plein les dents, mais qui n’a pas l’air de vouloir se laisser faire. Et en première ligne, un mec un peu bizarre mais qui a l’air de savoir de quoi il est question et qui se sent capable d’en découdre avec cette menace.

Alors oui, c’est un peu simpliste vu comme ça, mais l’idée générale reste là. Il y a aussi d’étranges artefacts envoyés sur la lune, et une femme un peu bizarre dont on ne sait pas encore grand chose. Mais les éléments essentiels sont posés, et ça suffit à bien définir le style de cette série, annoncée en trois tomes.

Oz1Le prix litteraire : Le Magicien d’Oz
Scénariste : Eric Shanower (et L. Frank Baum évidemment)
Dessinateur : Skottie Young
Éditeur : Panini

Un peu inhabituel dans mon classement, voici le magicien d’Oz. Oui, je ne lis pas que des trucs de gros bourrins, parfois j’aime bien aussi un peu de légèreté. Qui plus est, j’ai beaucoup aimé le Magicien d’Oz Oz2parce que ça m’a donné des idées de cadeau de Noël pour plusieurs personnes… Effectivement, cette version est typiquement le genre de récit qu’on peut avoir envie de raconter aux enfants (si tant est qu’ils soient en âge de comprendre, mais ça viendra).

Rien de très spécial dans le scénario pour qui connaît le Magicien d’Oz, c’est que du classique. Mais c’est joliment raconté, c’est très bien dessiné (et remarquablement mis en couleur), donc c’est du bonheur pour toute la famille.

Isabellae1Le prix Justice : Isabellae tome 1, L’homme-nuit
Scénariste : Raule
Dessinateur : Gabor
Éditeur : Le Lombard

Un peu moins familial, Isabellae est une histoire asiatique pleine de sabre, de sang, et de découpage en tous genres. Mais ça serait simpliste que de réduire l’histoire à ces quelques éléments, qui plus est forts classiques quand des européens s’attaquent à une histoire japonaise. Ici, ce qui vient donner un peu de peps à cette histoire,Isabellae2 c’est que si l’histoire se passe au japon, les deux héroïnes sont métisses, mi-japonaises, mi-irlandaises. Là où c’est encore plus étrange, c’est que la fin de ce tome introduit des éléments des légendes chrétiennes, ce qui est pour le moins atypique (mais pas forcément illogique) au Japon.

Une histoire qui sort donc des classiques asiatiques et qui nous fait donc suivre les chemins de ces deux sœurs, qui ont évidemment une histoire tragique derrière elle (et probablement devant aussi), et qui vont chacune chercher à accomplir son destin, l’une de façon sanglante, l’autre… l’autre on l’a pas encore trop vue pour l’instant…

The Nameless Shameless n°18

Edition précédenteIdée générale

Norman1 Le prix Irmou : La vie de Norman 4, Histoires d’effrayance
Scénariste : Stan Silas
Dessinateur : Stan Silas
Éditeur : Makaka

Après un troisième tome un peu moyen, revoilà de façon inattendue (c’était supposé s’arrêter au tome trois d’après mon libraire) Norman, Norman2le plus jeune serial killer de l’histoire. Et donc en guise d’histoire, on a ici l’éveil de Norman aux joies du meurtre. Et comme d’habitude, c’est mignon comme tout.

On a donc l’occasion de voir d’où vient son tonton zombie, on a un début d’explication sur la créature qui vole à coté de Norman, on rigole beaucoup, et en prime on a une belle histoire de Noël.  Bon, évidemment, une histoire pleine de morts et de sang. Mais une histoire de Norman, ça se refuse pas. Seul point noir : ça manque quand même beaucoup de Mademoiselle Plébaire.

Witchblade1Le prix Pop-Corn : Witchblade 6, Renaissance
Scénariste : Ron Marz
Dessinateur : Collectif, mais surtout Stjepan Sejic
Éditeur : Delcourt

Le moment que j’attendais tant, le run de Stjepan Sejic au dessin de Witchblade. J’ai déjà dit beaucoup de bien (et de mal aussi) de Witchblade.Witchblade2 Mais globalement, c’est franchement classe. Ce que j’ai toujours reproché à Witchblade, c’est son penchant bien trop TnA. C’est chose corrigée avec Ron Marz et Stjepan Sejic, qui ont eu la bonne idée de rhabiller Sara Pezzini.

L’histoire n’est pas en reste, puisque la belle Sara est maintenant enceinte (et elle ne sait toujours pas comment c’est arrivé), et elle peut difficilement porter un enfant et le Witchblade en même temps. Il va donc falloir trouver une solution qui semble être de trouver un nouvel hôte. Pas que ce soit difficile dans ce genre d’univers de trouver une jolie fille avec une énorme paire de loches, cela dit…

Chroniques1Le prix 1337 : Les chroniques de la Lune Noire 15, Terra Secunda
Scénariste : François Froideval
Dessinateur : Fabrice Angleraud
Éditeur : Dargaud

Encore un tome des Chroniques de la lune noire, la série où on dirait que le scénariste joue à un jeu de rôle tellement c’est désordonné. En même temps, les Chroniques n’ont pas bâti leur Chroniques2réputation sur la subtilité, mais sur les jeux de mots faciles, sur son univers débridé et touffu, et sur sa démesure la plus totale. Rien que le titre vaut un prix 1337, parce que cette série fait partie de la légende.

Mais donc, qu’est ce qu’ils ont encore à raconter après la destruction du monde dans le tome 14 ? Bah évidemment la reconstruction d’un nouveau monde. Il est donc encore une fois question d’augmenter la puissance de Whismerhill, mais aussi (enfin) de tuer tous ses derniers ennemis des tomes précédents. Et d’en trouver de nouveaux, parce que bon, on est pas dans une série de fillettes, on n’est pas là pour rigoler.

Academy1Le prix Lynch : Morning Glory Academy Saison 2
Scénariste : Nick Spencer
Dessinateur : Joe Eisma
Éditeur : Atlantic BD

Je sais plus si j’en avais déjà parlé, mais la saison 2 de Morning Glory Academy m’a permis de découvrir… qu’il y avait une saison 1 ! Parce qu’Atlantic bD a cru bon de changer complètement son mode de parution après le premierAcademy2 tome pour le republier, avec des épisodes en plus, dans une saison 1. Que j’ai donc du acheter… pour partie une seconde fois !

Mais bon, au delà des frasques éditoriales, Morning Glory, c’est toujours l’histoire de six jeunes qui se retrouvent dans la même école, qui sont nés le même jours, et qui se rendent compte que leur école est un peu particulière. On y tue des gens, les sanctions font très mal, on y torture les parents aussi, et on y apprends des choses dont j’aurai bien voulu que mes profs me parlent (mais qu’on apprend de nos jours que dans des écoles spécialisées après de très longues études scientifiques). Et on n’y voit toujours pas clair sur là où le scénariste nous emmène…

Voleur1Le prix du potier : Le Maitre Voleur 1, J’arrête
Scénariste : Robert Kirkman & Nick Spencer
Dessinateur : Shawn Martinbrough
Éditeur : Delcourt

Vous voyez Ocean’s Eleven ? Bah c’est pareil, là. Bon, ils ne sont pas onze, mais le principe est le même, un voleur qui, pour pouvoir enfin raccrocher et payer sa dette, va monter une équipe pour faire un dernier casse, un pas facile Voleur2évidemment. Mais si c’était aussi simple, ça serait pas drôle, et il n’aurait pas sa place ici.

Notre maitre voleur va donc avoir quelques surprises en plus, va avoir l’occasion de trahir ses associés. Il va aussi avoir l’occasion de devoir éviter la vengeance des gens qu’il a laissé derrière lui. Sans compter ses commanditaires. Bref, arrêter de voler quand on est un (bon) voleur, c’est pas facile, et c’est ce qu’on apprend ici.

Stumptown1Le prix litteraire : Stumptown 1, Disparue
Scénariste : Greg Rucka
Dessinateur : Matthew Southworth
Éditeur : Delcourt

Greg Rucka est toujours un bon parti quand on cherche une histoire sympa (il suffit de lire son génial Queen & Country pour s’en convaincre). C’est donc sans Stumptown2trop d’inquiétude que j’ai pris Stumptown, même si à la base ça n’avait pas trop l’air pour moi.

Et donc, Stumptown, c’est un polar, qui raconte les déboires de Dex, jeune détective privée qui est dans une merde noire, et qui accepte une mission pour éponger ses dettes, sa mission étant de retrouver une fille qui ne veut visiblement pas l’être. Ou alors qui ne peut pas l’être, du moins pas facilement. Intrigues multiples, personnages complexes, dénouement certes un peu facile, mais dans la lignée des bons policiers, bref, que du bon, comme prévu.

Chevaliers1Le prix Continuum : La Geste des Chevaliers Dragons 15, L’ennemi
Scénariste : Ange
Dessinateur : PAtrick Boutin-Gagné
Éditeur : Soleil

Un quinzième tome pour la Geste des Chevaliers Dragons, soit autant de tomes que les Chroniques de la Lune Noire. C’est pas rien, et c’est pas évident à tenir, surtout en qualité. Mais là encore, Ange sait nous sortir un scénario assez original. Geste T15.inddFaut dire que contrairement aux Chroniques, la Geste est constituée de récits indépendants, ça permet de changer pas mal la donne à chaque épisode.

Le principe est toujours le même : seule une (ou plusieurs d’ailleurs) jeune fille vierge peut tuer un dragon, tous les autres personnes qui s’en approcheraient seraient corrompues et perverties par le veill, l’aura maléfique du dragon. Mais ici, avant justement qu’une de ces jeune fille ne puisse tuer le dragon, elle est enlevée par un roi qui veut lui faire intégrer son harem. Entre récit d’aventure et complot politique, un nouveau tome très réussi.

Rising1Le prix Justice : Rising Stars, Acte II
Scénariste : J.M. Straczynski
Dessinateur : Christian Zannier
Éditeur : Delcourt

Une histoire de super-héros comme on en voit pas souvent. Si l’acte I avait commencé de façon somme toute assez classique (encore que…), l’acte II s’empresse de résoudre les quelques énigmes qu’il restait, et d’ouvrir le vrai fond de l’histoire : une centaine de personnes ont acquis des pouvoirs à leur naissance suite à un Rising2phénomène surnaturel et inexpliqué. Ces personnes ne savent pas pourquoi elles ont ses pouvoirs, mais elles vont désormais se demander comment elles peuvent le mettre à profit, non plus pour leur propre personne, mais pour le bien de l’humanité.

C’est franchement sympa de voir enfin des super-héros qui attrapent les problèmes de nos jours par les couilles, et qui serrent fort pour les résoudre, au lieu de simplement attendre qu’un criminel commette un méfait et de lui courir après pour le mettre en prison. On apprend donc ici comment régler définitivement le conflit israëlo-palestinien, c’est pas rien. Et non, il ne s’agit pas de tuer tout le monde, ce que semble croire les participants actuels à ce conflit.

The Nameless Shameless n°17

Edition précédenteIdée générale

Un petit spécial parce que c’est bientôt Noël, parce que j’en ai déjà parlé, parce qu’il y a peu de publications intéressantes en ce moment et parce que j’ai la flemme. Je parlerai donc ici exclusivement d’une série, très prolifique certes, mais des plus intéressantes, et qui plus est qui arrive bientôt à son terme : Kookaburra, et ses différent spin-off, à savoir Kookaburra Universe et Kookaburra K.

Globalement, Kookaburra, c’est du Star Wars sans en être. C’est du space opera grandiose, avec en promo un scénario bien différent de ce que je connaissais jusqu’à présent ; j’irai bien jusqu’à dire que c’était un scénario vraiment original, mais ça serait être certainement présomptueux que de croire que j’ai déjà tout lu. En tout cas, à l’époque (le premier tome date de 1997), ça m’a pas mal chamboulé.

Pour ce qui est des prix, je pourrai essayer de faire coller tout ça tant bien que mal, mais en ne prenant qu’un seul médium, je dois avouer que tout ça mérite un prix continuum géant. J’ai déjà fait le coup de décerner plusieurs fois le même prix (même si j’ai jamais poussé le vice jusqu’à faire 8 fois le même). Et puis c’est moi le chef ici, alors je fais ce que je veux.

Et avant d’oublier, et pour éviter toute répétition, tout est paru aux éditions Soleil.

Kookaburra Tome 1, Planète Dakoï
Scénariste : Crisse
Dessinateur : Crisse

Le début de la série, qui nous présente une guerre entre trois races galactiques : les humains, inutiles de les présenter ; les amazones, des guerrières implacables, télépathes, qui réduisent les mâles en esclavage (assez logique dans un matriarcat extrémiste) ; et les dakoïds, des aliens surpuissants qui sont néanmoins concentrés autour de leur planète mère et semblent assez peu préoccupés par les conquêtes spatiales. Et tout commence avec les space snipers, élite de l’armée terrestre, dont deux membres ont atterri sur la planète mère des dakoïds (donc en terrain excessivement dangereux) pour y secourir le dernier représentant des chevaliers sorciers, un type avec une tête de chien qui est supposé être tellement fort qu’on se demande comment il a pu être capturé. Et on va donc suivre Dragan Preko, le space sniper de terrain, absolument pas handicapé par le fait de n’avoir plus qu’un œil valide, et qui sera l’un des points centraux de cette aventure, ainsi et son compatriote surnommé Skullface, à juste titre puisqu’ayant été défiguré dans des circonstances encore inconnues, il porte un masque en acier qui ne cache pas vraiment ses blessures ; ce dernier sert aussi de soutien, du genre bazooka et humour ravageur. Vont aussi faire leur apparition une guerrière amazone nommée Taman Kha, qui étrangement semble moins agressive que ses comparses féministes, et un guerrier dakoïd dont le nom ne sera révélé que bien plus tard. Et on apprendra qu’il est question d’une ancienne prophétie qui dit en substance (je cite le 4ème de couv honteusement) : « Cinq enfants-dieux naîtront, Rassemblés, de leurs mains, des univers créeront. Quatre seront bon, un ne le sera pas. L’âme du Kookaburra en eux s’éveillera et les appellera« .

Kookaburra Tome 4, Système Ragnarok
Scénariste : Crisse & Nicolas Mitric
Dessinateur : Nicolas Mitric

Quatrième tome qu’il aura fallu attendre six ans, et qui nous gratifie d’un nouveau dessinateur, qui officie aussi au scénario d’ailleurs, mais en coordination avec le scénariste original. C’est peu de choses que de dire que c’est un nouveau début, j’avais presque cru que la série serait avortée à la fin du troisième tome. L’intrigue continue d’avancer, avec toutes les forces en présence qui cherchent à contrôler les cinq enfants, sans trop savoir ce que la prophétie leur réserve au final (on sait juste qu’ils sont très bons tous les cinq, mais on sait pas ce qu’ils peuvent faire ni ce qu’ils sont supposés faire une fois qu’ils seront tous réunis). Et on ne sait toujours pas vraiment ce qu’un Kookaburra vient foutre là dedans. Mais comme souvent, moins on en sait, plus c’est intéressant.

D’où le fait qu’ait été créée la série Kookaburra Universe, qui rassemble en 16 tomes des histoires différentes qui viennent apporter quelques unes des précisions qui font cruellement défaut à l’histoire originale.

Kookaburra Universe Tome 4, Skullface
Scénariste : Jean-Charles Gaudin
Dessinateur : Philippe Briones

Le premier tome qui, pour moi, changea réellement la donne de Kookaburra. Pour autant que j’aime Skullface, c’était un personnage presque sous-exploité, tellement il était stéréotypé. C’était un peu le Han Solo de l’univers de Kookaburra. Ce tome vient donc lui donner un peu plus de profondeur, et révèle qu’il n’est pas vraiment qui il prétend être, sans que ça ne révolutionne la vision qu’on a de lui pour autant. Assez balaise comme effet il faut dire. On plonge donc ici dans son passé, et dans la mission qui lui a valu ses brûlures au visage. Il n’est donc plus maintenant juste un supporting character, mais bien un main player à part entière.

Kookaburra Universe Tome 5, Les larmes de Gosharad
Scénariste : Nicolas Tackian & Stéphane Miquel
Dessinateur : Ludo Lullaby

Deuxième tome à raconter le passé de Dragan Preko, notre space sniper favori. et à nous raconter pourquoi il est si fort et si doué. Mais finalement, c’est presque accessoire que l’histoire tourne autour de lui. C’est plus la représentation de l’univers humain en guerre, et des méthodes, des enjeux, et des tactiques utilisées ici qui donnent une vraie profondeur non pas à ce personnage qui n’en avait pas tant besoin, mais surtout au contexte dans lequel évolue la race humaine dans cet univers.

C’est aussi la première fois qu’on dessine des extra-terrestres sans nez, bien qu’ils aient tous deux bras et deux jambes… C’est un premier pas dans le bon sens. L’histoire aussi est très intéressante, et aurait tout autant valu le coup sans tout l’univers de Kookaburra pour l’appuyer.

Kookaburra Tome 6, Le serment Dakoïd
Scénariste : Nicolas Mitric
Dessinateur : Olivier et Stéphane Peru

Le premier et seul tome qui donne vraiment une vision des dakoïds, ces aliens qui pourraient raser la moitié de la galaxie s’ils le voulaient, mais qui se contentent de leur planète-mère. Il y a bien évidemment une raison à ça, raison qui est indiquée ici, et qui donne aussi une idée des motivations des dakoïds à faire la guerre. J’aurai envie de dire que c’est le première histoire qui a su me surprendre dans son dénouement, mais ça aurait été oublier Skullface. Il n’empêche ici que les implications des révélations faites sont beaucoup plus larges que celle de Skullface, et donnent donc d’autant plus de poids à leurs répercussions, qui n’auront à mon sens pas été assez exploitées (mais je suis un pinailleur pour ces choses là).

Kookaburra Universe Tome 8, Le dernier vol de l’Enclume
Scénariste : Jean-Luc Sala
Dessinateur : Afif Khaled

Enfin un tome qui met en valeur l’expanded universe de Kookaburra, puisqu’il est ici question non pas d’un des personnage, mais du principal vaisseau humain rencontré jusqu’à présent dans l’histoire principale, à savoir l’Enclume (ça claque pas autant qu’un Faucon Millenium, mais c’est quand même pas vilain, et ça tape fort). Bien sur, apparaissent quand même certains personnages de la série principale, mais ce n’est pas l’objet de cet album, qui vise vraiment à mettre en valeur des petits éléments auxquels les lecteurs s’étaient attachés. Et évidemment, tout ça est raccordé de façon pas très subtile, mais pas moins agréable, à l’histoire principale, sans pour autant trop en faire. Encore un album qui marche sur la corde raide, qui raconte et précise l’univers de Kookaburra sans pour autant marcher sur les pieds de l’histoire principale.

Kookaburra Universe Tome 9, Le Lamentin noir
Scénariste : Louis
Dessinateur : Louis

Un autre tome qui met en valeur des petits détails de l’histoire principale qui pouvait échapper au lecteur, et qui leur donne plus de profondeur qu’on n’aurait pu l’imaginer. Cette histoire là a en plus la particularité de ne pas trop s’attacher à l’histoire principale, et à n’y tenir que par un artefact dont elle explique l’origine, sans chercher à le lier inextricablement à ce qui a déjà été raconté. Là encore, ça donne énormément de profondeur à tout le scénario, qui a été bien travaillé, indubitablement. C’est aussi cet épisode qui m’a réellement fait comprendre que si toute l’armée de la race humaine semble composé uniquement d’hommes et de femmes, l’armée des amazones semble être composée de femmes de différentes races, aussi bien à tendances humaines que visiblement alien, ce qui semble assez logique après coup.

Kookaburra K Tome 1, Big Bang Baby
Scénariste : Crisse
Dessinateur : Humberto Ramos

L’album extra-terrestre de la bande, celui qui se titrait juste « K » dans sa première édition, histoire que le lien avec Kookaburra ne soit pas trop évident, réservant ainsi la surprise au lecteur entreprenant. Il m’aura fallu attendre le troisième et dernier tome de cette série pour voir vraiment où les auteurs voulaient en venir, et quel était le lien avec Kookaburra, ce qui n’est pas forcément évident au début. Mais c’est aussi une bonne occasion de voir l’univers de Kookaburra non pas à partir du passé des différents personnages et artefacts, mais en voyant le présent, vu par d’autres personnes qui vivent la même histoire que les personnages principaux, juste avec un point de vue (et un contexte) différent. Sans oublier qu’Humberto Ramos est juste énorme, et que c’est totalement jouissif de le voir prendre le pinceau pour dessiner un univers aussi riche que Kookaburra.

Tout ça pour dire, Kookaburra, c’est bon, mangez-en !

(Note : Kookaburra K est finie en trois tomes, Kookaburra Universe est fini en seize tomes, et Kookaburra finira avec la parution du huitième et prochain volume).

The Nameless Shameless n°16

Edition précédenteIdée générale

Le prix Irmou : Witch Doctor 1, Coup de scalpel !
Scénariste : Brandon Seifert
Dessinateur : Lukas Ketner
Éditeur : Delcourt

Annoncé comme un mélange entre Dr. House et Dr. Strange, j’étais un peu inquiet du résultat. Faut dire que je suis pas le plus grand fan du Docteur Strange, et beaucoup trop de gens se réclament du Docteur House sans trop bien savoir de quoi ils parlent. Et évidemment ici, il n’y a ni House ni Strange, mais ça dépote quand même. On a donc affaire au docteur Vincent Morrow, son assitant Eric Gast, ancien urgentiste commando, et son « anesthésiste » Penny, créature étrange et pas forcément très douce… Ensemble, ils vont chercher à guérir les gens atteints de maux surnaturels. Possession, vampirisme, invasion de fées, le tout armé de son scalpel Excalibur.

C’est un peu du grand n’importe quoi, mais il y a beaucoup de bonnes idées pour essayer de rationaliser tout ces phénomènes, les personnages sont bien travaillés et ont des répliques en béton armé, et l’histoire laisse transparaître une trame de fond très intéressante où il est juste question de sauver la terre. Et pour les gens qui ont vu Cabin In The Woods, il y a même des tritons ! Bref, j’attends la suite avec impatience.

Le prix Pop-Corn : Songes 2, Célia
Scénariste : Denis-Pierre Filippi
Dessinateur : Terry Dodson
Éditeur : Les Humanoïdes Associés

Deuxième et dernier tome de la série, dont le premier tome était paru il y a quoi, six ans au moins je crois, me laissant furieusement croire qu’on n’en verrait jamais la fin. Comme quoi, tout arrive. Et il faut dire ce qui est, la fin est soignée. Graphiquement parlant.

Bon, en même temps, on risquait pas grand chose, c’est Terry Dodson, un de mes dessinateurs favori, et il faut dire ce qui est, le bougre sait y faire. Non seulement ils dessine très bien ses personnages (surtout féminins, évidemment), mais en plus il sait jouer des costumes et des positions pour les mettre en valeur, un vrai plaisir.

Pour ce qui est du scénario… bon, c’est pas trop l’objet ici. Le scénario sert bien l’histoire, oui. Mais j’ai préféré l’œuvre de D-P Filippi sur Marshall. Alors comme dit, c’est pas très recherché, mais ça se tient bien, et ça se lit agréablement et sans déplaisir. J’aurai même tendance à dire que le scénario sait se faire oublier pour mettre encore plus en valeur le dessin, ce qui est un art très complexe.

Le prix 1337 : Joe, l’aventure intérieure
Scénariste : Grant Morrison
Dessinateur : Sean Murphy
Éditeur : Urban Comics

Bien que Grant Morrison soit considéré comme un scénariste hors-pair, j’ai toujours des doutes quand j’ai une de ses œuvres entre les mains. C’est souvent totalement téléscopé, au point que je finis par trouver ça imbuvable. Parfois. Mais pas ici. Joe the barbarian (en VO) raconte l’histoire d’un ado diabétique et un peu rebelle sur les bords qui, seul chez lui, fait une crise d’hypoglycémie, et commence à halluciner totalement. Il part dans un délire un peu heroic-fantasy où tous ses jouets jouent leur propre rôle. On a du Superman, du Batman (évidemment puisque c’est une publication DC Comics), du Transformers, des dinosaures, du G.I. Joe, de l’ours en peluche, et son rat domestique (qui, n’étant pas soumis à copyright, sera le principal compagnon de Joe). Et Joe va donc partir en quête de la lumière, jusqu’au disjoncteur de la cave, en vivant cette aventure surréaliste, mais en sachant très bien qu’il hallucine.

C’est toute l’ambiguïté de la situation qui en fait le talent, surtout parce qu’elle confronte les illusions d’un enfant au réalisme désabusé d’un adulte, ce qui résume bien la vie d’un ado à la frontière de ces deux mondes.

Le prix du potier : Elyne 1, Le bestiaire des filles
Scénariste : Corbeyran
Dessinateur : Ludo Lullabi
Éditeur : Soleil Prod

Découvert par hasard chez mon marchand de BD, j’ai surtout pris ce tome parce que le dessinateur avait réalisé un tome de Kookaburra Universe que j’avais beaucoup apprécié à l’époque. Et je n’ai pas été déçu. La réalisation est plus aboutie que sur Kookaburra Universe, ce qui est un petit tour de force en soi.

L’histoire, quant à elle, part sur des bases simples et bien connues. Un monde de fantasy classique, un jeune homme qui va se marier à une jeune fille, des monstres qui enlève la jeune fille, pile au moment de dire « oui » à son futur époux, et ce dernier qui va se lancer à sa recherche. C’est là qu’il y a un petit twist, dans la mesure où le jeune homme est tout sauf dégourdi, mais il est plein de bonne volonté et de courage. De son coté, Elyne, la jeune fille, est beaucoup plus entreprenante et commence à faire ce qu’il faut pour revenir jusqu’à son conjoint. Un changement de rôle pas inconnu, mais toujours bienvenu et qui ici rend très agréable la lecture de cette histoire.

Le prix Teaser : Siorn 1, Le parfum de la dryade rouge
Scénariste : Sébastien Viozat
Dessinateur : Morgann Tanco
Éditeur : Soleil Prod

Premier tome d’une série prévue en deux, Siorn tape fort dès le départ. C’est effectivement la couverture qui m’a motivé à faire cet achat, et le reste de l’ouvrage est à l’image de la couv, ça envoie du lourd ! Il est ici question d’un barbare venu chercher de quoi permettre à sa tribu d’acheter des armes et d’enrôler des mercenaires pour gagner les guerres tribales. Au lieu de ça, il se retrouve enrôlé de force dans une autre guerre, et doit assassiner un roi pour rester en vie.

En plus de l’histoire bien crasse et cynique, le dessin n’est pas en rade, passant allègrement des tons chauds d’une salle de banquet ou d’un champ de bataille au tons froids des montagnes enneigées et des poursuites en pleine nuit orageuse. Et comme mentionné précédemment, c’est en deux tomes, donc ça ne s’éternisera pas ni ne partira dans des sub-plots foireux. A suivre.

Le prix Justice : Hercule 1, Le sang de Némée
Scénariste : Jean-David Morvan
Dessinateur : Looky & Olivier Thill
Éditeur : Soleil Prod

Encore un titre que j’ai choisi pour son dessinateur, que je connaissais surtout dans un autre style sur Nocturnes Rouges. J’étais étonné de voir un changement complet de style, et j’ai voulu voir ce que ça donnait. J’ai pas été déçu.

On parle donc bien ici d’Hercule, le demi-dieu qui effectua douze travaux. Avec un twist dans le fait qu’on est ici dans le futur, et que tout n’est que science-fiction. Sans trop prendre de pincettes (c’est Hercule, hein), on nous balance qu’Hercule a quelque chose à racheter, et qu’il va devoir se rendre sur la planète Némée, où d’étranges disparitions laissent à penser à la présence d’un animal sauvage particulièrement vicieux.

Bref, l’histoire se veux délirante, mais néanmoins proche de la mythologie qui a créé ce personnage, et c’est d’autant plus appréciable que les auteurs ont voulu faire aussi juste que possible. Avec succès.

Le prix Perspective : Invincible Iron Man 1, Dans la ligne de mire
Scénariste : Matt Fraction
Dessinateur : Salvador Larroca
Éditeur : Panini

Malgré son succès cinématographique, Iron-Man n’est pas le super héros le plus intéressant de la clique des Vengeurs. C’est juste un milliardaire en armure qui s’attaque à des méchants pas toujours très inspirés (Fin Fang Foom, quelqu’un ?). C’est donc ici très intéressant de le voir dans deux histoires ici où il va d’abord avoir affaire à un vilain qui n’a pas d’armure, mais qui est intelligent, qui sait où taper (qui sait surtout sur qui taper), et qui sait manier la politique à merveille. La seconde histoire mérite probablement une introduction (l’arc Dark Reign pour les gens qui suivent), mais racontent globalement la chute de Tony Stark, qui alors était le patron du SHIELD et du jour au lendemain se retrouve fugitif, recherché par le monde entier, et détenteur d’informations confidentielles qui feraient très mal si elle tombaient dans les mains de ses poursuivants. Et il va falloir prendre des décisions. Ca change un peu de ce qu’on a l’habitude de voir.

Le prix That’s All Folks : Punisher Max 5, Sans abri
Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Steve Dillon
Éditeur : Panini

Dernier tome de Punisher MAX, la série qui met en scène mon pas-super héros préféré. Après le très long run de Garth Ennis, c’est la série MAX qui a pris la suite et qui finit ici au cinquième tome, et qui voit conclure la lutte du Punisher contre le Caïd et ses assassins Bullseye et Elektra. Comme toujours, tout est ici raconté de façon à ce qu’on puisse parfaitement croire qu’il n’y a pas le moindre super-héros dans cette histoire, juste des gens entraînés et bien préparés. On regrettera juste que l’histoire démontre ici qu’on est très loin de la continuité Marvel standard, puisque les différents personnages tiennent des rôles assez éloignés de ce qu’on leur connaît pourtant.

Et donc, après avoir survécu à des blessures terribles, après être sorti de prison, après avoir vu chacun de ses repaires détruit, Frank Castle se retrouve donc à la rue, à devoir tuer les premiers délinquants au couteau pour récupérer leurs armes, à devoir retourner au seul endroit où on ne le cherche jamais (à savoir dans sa maison), et à devoir recourir à des tactiques un peu crades pour arriver au résultat qu’il aurait d’habitude avec un peu d’intel. Et une fin comme je les aime, claire, nette, définitive, et bien goupillée.

The Nameless Shameless n°15

Le prix Irmou : Choker
Scénariste : Ben McCool
Dessinateur : Ben Templesmith
Éditeur : Delcourt

J’ai tendance à avoir une confiance aveugle dans les BD de Ben Templesmith, dessinateur un peu particulier (son style est pour le moins distinctif), parce que pour autant que je puisse en juger, il ne s’est embarqué que dans des projets bien délirants, qu’il s’agisse du génial 30 jours de nuit, de l’extraordinaire Wormwood, ou des quelques titres moins connus comme Fell, ou Bienvenue à Hoxford. Ici, pas vraiment d’exception, c’est du grand n’importe quoi qui me fait honteusement penser à Robocop. A Shotgun city (nom évocateur s’il en est), un ex-flic, désavoué parce qu’il ne collait pas au programme d’amélioration génétique de la police, se retrouve engagé pour traquer un délinquant qu’il avait déjà coffré, et qui distribue dans la rue une drogue qui donne l’impression aux consommateurs d’être des vampires, le tout avec en trame de fond un complot gigantesque qui va évidemment être mis à jour, et un humour ravageur qui arracherait un rire étouffé à un mur de briques.

Le prix Pop-Corn : Luminae tome 2, La naissance des heures
Scénariste : Bengal
Dessinateur : Bengal
Éditeur : Ankama

Autant le dire tout de suite, je suis tombé littéralement amoureux de cette série… qui est terminée, au bout de seulement deux tomes ; les boules. Etrangement, le premier tome m’avait un peu moins marqué, sans doute la faute à la couverture qui était moins aboutie ; et aussi la faute à l’auteur, dont je me suis rappelé après coup qu’il était déjà présent dans ma bibliothèque avec Meka (une autre série trop courte) et The Only One (une série inachevée), ce qui m’a valu un « KHAAAAAAAAAN !!! » quand j’ai compris que tout espoir d’une suite semblait n’être qu’illusion. Néanmoins, je dois reconnaître que je suis le premier à dire qu’une bonne série est une série qui laisse la place large à l’imagination du lecteur. On a donc presque ici ce subtil mélange qui fait une BD d’exception (presque, parce que franchement, ça aurait mérité quelques tomes de plus pour donner plus d’ampleur à cet univers). Et si le bougre dessine sacrément bien, il faut dire ce qui est, le scénario, bien qu’assumé comme de la BD commerciale, est assez excellent, même s’il m’a fallu pêcher le dossier de presse sur le net pour en comprendre les quelques subtilités qui en font tout le sel. Six gardiennes qui protègent Luminae, l’essence même de la magie personnifiée, contre les forces obscures qui voudraient lui arracher son pouvoir. Oui, c’est condensé comme résumé, mais comme je l’ai dit, ce titre fait la part belle à l’imagination, ça serait donc criminel d’en dire beaucoup plus. Luminae, c’est bien, mangez-en !

Le prix Litteraire : Fatale tome 1, La mort aux trousses
Scénariste : Ed Brubaker
Dessinateur : Sean Phillips
Éditeur : Delcourt

Ed Brubaker et Sean Phillips forment aussi un duo auquel j’accorde une confiance aveugle, ne serait-ce que parce qu’ils ont pondu des perles comme Criminal, Sleeper, ou Incognito. Parlons dessins d’abord, Sean Phillips a un talent très particulier ; ses dessins sont à la base biens mais sans plus. Du moins quand on les prend individuellement. Mais au sein d’un album, ça devient un tout cohérent, magnifique, et totalement en phase avec le scénario, au point qu’on en viendrait presque à oublier ces dessins, pour ne plus ressentir que le scénario. Et donc après les séries policières et les séries de super-héros, voilà Ed Brubaker lancé dans le fantastique/horrifique Lovercraftien. Une femme fatale, prétendument immortelle, poursuivie par une secte obscure, des démons ancestraux et tentaculaires, et qui trouve moyen d’embarquer dans sa folle aventure des hommes tous trop subjugués pour se poser les bonnes questions… bonnes questions que l’auteur ne soulève d’ailleurs pas encore, pour ne pas faire retomber son soufflet. Un pur régal.

Le prix Teaser : Saint Seiya, The lost Canvas tome 24
Scénariste : Masami Kuramada
Dessinateur : Shiori Teshirogi
Éditeur : Kurokawa

Aaaah, Saint Seiya, plus connu par les gens de ma génération comme Les chevaliers du zodiaque, l’une des ultimes références de notre enfance. Bon, faut dire ce qui est, l’œuvre originale était assez mal fichue, raison pour laquelle elle n’a jamais trouvé sa place dans ma bibliothèque malgré son statut cultissime. Mais avec cette nouvelle série, la seule couverture m’a redonné ces petite poussées d’adrénaline et de testostérone que me provoquait l’anime dans mon enfance. Il n’est pas ici question des chevaliers du zodiaque qu’on connaît, mais de ceux qui les ont précédé d’une génération et qui les ont formés dans leur jeunesse. Ceux là même qui devront partir en croisade contre Hadès, encore et toujours l’ennemi ultime, et qui devront donner leur vie pour sauvegarder l’humanité. Je n’ai même pas eu besoin d’un coup d’œil pour voir que j’aurai ici droit à des répliques cultissimes à propos de l’amour, de la justice, d’Athéna, et que j’aurai aussi droit à mon lot quotidien de chevaliers maltraités qui se relèvent encore, envers et contre tout, avec un bras, une jambe et deux yeux en moins, pour terrasser leur adversaire et continuer à monter ces putains d’escaliers pour arriver à la dernière maison… ah non, il n’y a pas beaucoup d’escaliers ici, mais l’idée majeure reste là. J’irai bien me faire un chocolat chaud avec des BN pour lire ça, tiens.

Le prix Perspective : Luther Strode tome 1, Un bien étrange talent
Scénariste : Justin Jordan
Dessinateur : Tradd Moore
Éditeur : Delcourt

Luther Strode, c’est pas forcément la perspective la plus originale en son genre qu’on ait fait, mais ça m’éclate toujours autant de voir que d’autres personnes se sont posées les mêmes questions que moi, par exemple : Si Superman est le mec le plus fort au monde, pourquoi est ce que quand il colle une tarte à un type, ça ne lui décroche pas la mâchoire ni ne lui fracture le crâne ? C’est ici un peu l’idée abordée, avec un énième adolescent gringalet tyrannisé par ses camarades de classes, et qui va devenir du jour au lendemain super fort, ridiculiser ceux qui le maltraitaient auparavant, et décider d’utiliser son pouvoir pour faire régner la justice. Du moins une justice un peu sauvage, c’est le moins qu’on puisse dire. Ca change des héros bien pensant qu’on trouve dans les comics habituels (même s’ils ont leur propre charme, hein, je dis pas). Là où je trouve ce titre encore meilleur, c’est qu’il joue à fond la surenchère assumée d’hémoglobine avec tout un tas de détails à la con, mais qui donnent cette teinte rouge vif et terriblement amusante à cette histoire, qui semblent se vouloir à la fois sérieuse et amusante, qui ne s’embête pas à chercher des explications décérébrées aux forces qui s’affrontent. Finalement, c’est plus un plaisir coupable qu’autre chose. Mais ceux là sont justement les meilleurs.

Le prix Booby Trap : Little Alice In Wonderland tome 1, Run rabbit, run !
Scénariste : Franck Tacito
Dessinateur : Franck Tacito
Éditeur : Glénat

La première fois que j’ai vu ce titre chez mon libraire préféré, j’ai retenu un fou rire magistral, comme ça m’arrive souvent devant le travail de Franck Tacito. Auteur de 666, Dead Hunter, et Magika entre autres, je savais à quoi m’attendre. Et rien que la couverture semblait de donner raison : c’est du grand n’importe quoi ! En clair, il est question ici du pays de merveilles d’Alice, où la reine de cœur s’est transformée en CEO qui rêve d’y faire venir les touristes pour engranger le plus de fric possible. Alice, quant à elle, a disparu de la scène lors de sa dernière tournée. Le lapin blanc va donc devoir réunir quatre héros pour partir à sa recherche et la libérer. Le premier héros, ou la première héroïne en l’occurrence, se trouve être une jeune femme à la poitrine énorme, qui venait justement de se déguiser comme l’une des héroïnes de la télévision qui a pour habitude d’affronter des monstres très tentacle-porn, déguisement à base de (peu de) cuir, et de talons de 20cm. De quoi provoquer à une attaque cérébrale à un fétichiste… C’est n’imp, le casting est presque exclusivement féminin et peu habillé, c’est bourré de références tordues, mais bordel qu’est ce qu’on se marre.

Le prix That’s All Folks : Echo tome 6, Le dernier jour
Scénariste : Terry Moore
Dessinateur : Terry Moore
Éditeur : Delcourt

Une série dont j’ai déjà vanté les mérites ici (peut être même plusieurs fois, mais c’est pas comme si j’avais l’habitude de me relire) et qui touche enfin à sa fin. C’en est presque dommage tellement Terry Moore est un esthète hors du commun. En plus, l’histoire ici est prétexte à un bon nombre d’abus… On retrouve donc toujours Julie, dont la combinaison en alliage 618 ne cesse de croître, et avec lui, l’emprise d’Annie sur elle. Oui, les gens qui n’ont pas suivi vont avoir un peu de mal, mais c’est le dernier épisode, je vais pas non plus spoiler les cinq tomes précédents, hein ! On touche ici toujours à un sujet qui m’est presque aussi cher que l’heroic-fantasy, la Hard SF. Il y est question de collisionneur, de trous noirs et comme souvent du moyen de maîtriser des puissances incommensurables, le tout matiné d’une bonne dose de relations humaines aussi complexes que la situation qui les met en valeur, comme par exemple lorsque deux esprits se retrouvent dans un même corps, ou lorsque la super espionne à l’épreuve des balles se trouve rajeunir à vitesse grand V, jusqu’au moment où elle n’est plus qu’une enfant (imaginez 007 à 10 ans). Toujours est-il que l’aventure se termine enfin, et de bien belle manière.

Le prix That’s All Folks (bis) : Fear Agent tome 6, Déphasé
Scénariste : Rick Remender
Dessinateur : Tony Moore & Mike Hawthorne
Éditeur : Akileos

Hé oui, un second prix That’s All Folks, parce que c’est pas souvent qu’une série se termine, et que Fear Agent, ça poutre grave. Après cinq tomes à faire des bonds dans l’espace et dans le temps pour essayer de remettre un peu d’ordre dans l’univers, et à ne réussir qu’à foutre encore plus le bordel, Heath Huston arrive à la conclusion de son histoire, qui n’a pas l’air très jouasse en l’occurrence, puisqu’alors qu’il pensait avoir enfin retrouvé sa femme et sa fille, celles ci s’avèrent être, par rebond temporel, ses pires ennemies. Une belle claque dans la gueule, probablement la pire de toutes celles qu’il a prise jusqu’à présent (et elles ont été nombreuses) ; et il faut dire ce qui est, il commence à en avoir un peu marre, Heath, à tel point qu’il va commencer à baisser les bras, ce qui est tout sauf encourageant pour un dernier tome ; sauf si on aime les derniers tomes qui ont une fin un peu hors-norme. Et comme dans les tomes précédents, Rick Remender ne manquera pas de rajouter des citations de Samuel Clemens, cynique de son état, à chaque page. Et l’histoire se termine comme elle a commencée.

The Nameless Shameless n°14

Comme il y a eu encore peu de publication, et surtout que j’ai pas eu beaucoup de temps pour lire (Diablo 3 et mon boulot sont à blâmer), je vais donc à nouveau faire un écart à mes règles de base (c’est mes règles, j’en fais ce que je veux). Et je vais du coup en profiter pour rendre hommage à des séries terminées, oubliées pour certaines, et qui pourtant ont un mérite assez énorme.

Le prix Irmou : Magika
Scénariste : Franck Tacito
Dessinateur : Fabrice Angleraud
Éditeur : Glénat (Zenda)

Série extraordinaire en quatre tomes qui a été publiée entre 2001 et 2005, écrite par Franck Tacito que je connais plus pour ses dessins sur des séries comme 666, Dead Hunter ou Claudia, et dessinée par Fabrice Angleraud que je connais surtout pour avoir travaillé avec François Froideval (un comparse de Franck Tacito sur 666), Magika m’est tombé dessus un peu par hasard, sur les conseils de mon père si je me souviens bien, qui estimait que ça s’approchait un peu de 666 (encore et toujours cette série là). Magika est un affront religieux tout comme l’était 666, mais dans un style un peu différent (et pas moins déjanté), puisqu’il y est question de l’avènement du nouveau messie, sobrement nommé New Jesus, de morts qui se relèvent, d’une âme ancienne (celle de Vlad Tepes, en couverture ci-dessus) qui retourne sur terre mener les armées des ténèbres, et d’une héroïne, flic de son état, violente et méchante, et surtout gaulée comme c’est pas permis (c’est un peu un must have pour ces auteurs). C’est trash, c’est gore, mais c’est méchant, c’est drôle, c’est funky, et c’est franchement bien fichu.

Le prix Pop-Corn : Mycroft Inquisitor
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jack Manini
Éditeur : Soleil

Une série en trois tomes (trois histoires indépendantes) qui a tourné de 1995 à 1998, ce qui est suffisamment vieux pour que ça ne figure même plus au catalogue de Soleil. Imaginé par Arleston (plus connu aujourd’hui pour des trucs plus célèbres comme Lanfeust), et dessiné par Jack Manini (dont je serai bien en mal de dire quoi que ce soit puisque c’est approximativement la seule œuvre que j’ai lue), il est ici question de trois enquêtes pseudo policières dans un univers de science fiction assez retro, avec pour personnage principal l’inquisiteur (comprendre « détective ») Mycroft. Si je devais jouer mon jeton, je miserai sur le fait que ce nom est inspiré de Mycroft Holmes, le frère de Sherlock (mais je ne crois pas que ça ait été un jour confirmé), d’autant plus que les enquêtes sont bien tordues, presque autant que celle de Conan Doyle. Les dessins, puisque c’est eux qui valent à ce titre d’être là, sont en soi normaux, voir bien. On aurait pu espérer un trait plus juste ; mais franchement, ils retranscrivent à merveille cet aspect futuriste très « sixties » et complètement surréaliste. Et bien sur, on retrouve dans ces histoire l’assistante de Mycroft, une jeune femme à la plastique extraordinaire, et qui n’a même pas froid quand elle se balade en bikini dans la neige.

Le prix Lynch : Universal War One
Scénariste : Denis Bajram
Dessinateur : Denis Bajram
Éditeur : Soleil

Série en six tomes qui a tourné de 1998 à 2006, réalisée intégralement par Denis Bajram, et pilier de la bande dessinée de science-fiction, Universal War One raconte bien ce qu’annonce son titre, la première guerre universelle. Ça claque comme titre, mais c’est peut être un poil abusé, dans la mesure où seuls les terriens sont impliqués, et bien qu’ils aient colonisés d’autres planètes, il s’agit uniquement de planètes du système solaire. A part à un moment bien précis du récit, je ne crois pas qu’on sorte du système solaire, d’ailleurs. Quoi qu’il en soit, l’histoire se concentre sur quelques personnes, qui vont avoir affaire à un phénomène étrange, en l’occurrence ce qui ressemble à un énorme disque noir qui obscurcit toute une partie de l’espace (autour de Neptune, je crois, mais j’ai un doute). S’ensuit une histoire assez énorme et complexe, pour laquelle on a intérêt à avoir un sacré bagage scientifique pour comprendre les idées, pas fondamentalement idiotes, qui y sont développées. Il y est question de gravité, de courbure de l’espace et du temps, de paradoxes temporels, et de la fin de l’humanité (dans une certaine mesure). Et c’est peu dire que cette histoire a inspiré toutes celles que j’ai moi-même en tête. C’est donc avec une joie non dissimulée que j’ai appris qu’une suite (Universal War Two) était prévue.

Le prix du potier : Fatum
Scénariste : François Froideval
Dessinateur : Francard
Éditeur : Dargaud

Série en cinq tomes qui a été publiée de 1996 à 2001, imaginée par François Froideval (dont j’ai déjà parlé précédemment) et dessinée par Francard (qui a visiblement fait peu de choses en dehors de ça), il est ici question d’un jeune garçon qui hérite de l’empire de son père, empire qui ici est mafieux, histoire de parfaire le tableau. Le voilà donc à lutter pour sa vie, menacée par les autres familles sur lesquelles il devrait pourtant avoir la mainmise. S’ensuit donc une longue série de coup de couteau dans le dos tout au long de l’histoire, pendant que le garçon, loin d’être un idiot, poursuit sa quête initiatique. Il n’est évidemment pas seul dans cette quête, accompagné par son ami d’enfance, son Consigliere, quelques familles restées fidèles, et surtout son garde du corps, qui se trouve être une femme, une nouvelle fois pulpeuse, comme c’est de mise pour les univers de Froideval. Heureusement, comme le héros est mineur, ça reste très propre. Si le résumé n’a en soi rien de très nouveau, c’est la folie furieuse que Froideval apporte à cet univers, et les designs futuristes que Francard y prête, qui en font une série exceptionnelle.

Le prix Teaser : Dragons
Scénariste : Frédéric Contremarche
Dessinateur : Joël Mouclier
Éditeur : Delcourt

Série merveilleuse en deux tomes dont je crois avoir déjà parlé des milliards de fois ici, Dragons est paru entre 1994 et 1995, ce qui lui vaut là aussi de ne plus apparaître dans le catalogue de Delcourt. Le duo Frédéric Contremarche et Joël Mouclier a fait une autre série (Semio) tout aussi intéressante, bien qu’inachevée. C’est pour ça que je préfère Dragons, qui se tient en deux épisodes, et qui a aussi l’avantage de mélanger habilement l’univers fantasy à l’univers futuriste. Il est ici question des dragons en tant qu’être stellaire, et qui arrivent sur terre à l’époque médiévale où ils apportent avec eux la magie. Tout ça se poursuit jusqu’à un futur proche où, bien que provenant tous de la même tribu, de la même famille, deux factions de dragons s’affrontent dans le plus grand secret, afin d’obtenir le pouvoir, brut et sans vraie limite. C’est bien sur un résumé un peu simpliste, mais je n’ai pas envie de dévoiler les belles subtilités déployées ici. Ce qui est probablement un tort dans la mesure où même les rares personnes qui seraient intéressées par ce que j’ai révélé ici auront du mal à se procurer les deux exemplaires de cette série. Il faudra donc se contenter de cette couverture (de la toute première édition en plus) que je trouve magnifique.

Le prix Justice : Terres d’ombre
Scénariste : Christophe Gibelin
Dessinateur : Benoît Springer
Éditeur : Delcourt

Série de fantasy en trois tomes, parus de 1996 à 1999, ça a été une véritable révélation pour moi. Enfin une histoire de fantasy qui s’éloigne des sentiers battus et arrive à surprendre son petit monde tout au long du récit avec quelques idées originales en prime. La base est un peu classique, avec l’histoire de deux compagnons dans une contrée en guerre, une quête qui s’annonce plus grande que ce qu’ils ne peuvent espérer au départ, une sorcière avec un plan qui n’est pas très clair au départ, … bref, du classique. Sauf que le duo de départ est composé de Miecq, un détrousseur à la morale pas très élevée et sans aucun sentiment héroïque à aucun moment du récit, et de Lïda, une sorte de monstre qui fait penser à un croisement entre un homme et un batracien (mais c’est réducteur), avec un sens moral à peine mieux placé, et qui ne s’exprime que par images (comprendre que dans ses bulles, à la place du texte, on a des petites images expressives). Comme je l’ai dit, les héros ici n’en sont vraiment pas, ce qui rend l’histoire beaucoup moins manichéenne qu’elle n’aurait pu l’être, et donc beaucoup plus intéressante au demeurant. Et le final… oh le final… comme je les aime (comprenne qui pourra) !

Le prix Continuum : Nash
Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Damour
Éditeur : Delcourt

Série en dix tomes parue entre 1997 et 2007 (donc encore relativement récente), j’ai presque honte d’en parler parce que je crois que je n’ai toujours pas lu le dernier tome (ça a longtemps fait partie des séries que j’ai mis en pause le temps que la fin soit publiée, un concept fréquent chez moi et qui vaudra probablement un autre Nameless Shameless spécial dans le futur), Nash n’avait pourtant au départ pas tout pour plaire. Faut dire ce qui est, la couverture du premier tome n’est que moyennement engageante, et les dessins semblaient un peu brouillons. Mais c’était l’époque où j’avais besoin de grandes épopées, et le synopsis était bien fichu. Nash est un chasseur de prime, dont la jeune fille va se faire kidnapper, et à la recherche de laquelle il va partir, non sans devoir faire la lumière sur la naissance de celle-ci, qui recèle plus d’un secret. Ça s’est certes déjà vu, comme pitch de départ, mais ça a toujours fait ses preuves. Qui plus est, la série est loin de s’arrêter au premier tome, mais s’allonge sur dix tomes, pendant lesquels l’histoire va pouvoir s’allonger, se renouveler, se réinventer, et au final devenir une construction très bien fichue, ce qui est en général assez rare sur une série européenne aussi longue (du moins c’est rare dans la continuité de l’histoire). Qui plus est, le dessin que je semblais critiquer au départ ne va qu’en s’améliorant jusqu’à devenir rapidement très inventif et beaucoup plus précis.

Le prix Perspective : Les chroniques de Centrum
Scénariste : Jean-Pierre Andrevon
Dessinateur : Afif Khaled
Éditeur : Soleil

Série en trois tomes, parue de 2004 à 2007, et passée assez inaperçue à l’époque (comme aujourd’hui d’ailleurs), ce qui peut s’expliquer du fait que les auteurs n’étaient pas forcément des grands noms, et que l’éditeur n’a pas fait trop de publicité autour de cette petite série. Pourtant, le concept de départ est rigolo : dans un futur proche, la population est tellement dense que le ministère de la population choisit au hasard plusieurs personnes par jour, et celles-ci sont alors abattues par les furets, des fonctionnaires chargés de réguler la population en toute légalité, finalement. Jusqu’au jour où l’un des furets se demande si finalement, les cibles sont bien aléatoires, ou au contraire choisies avec attention pour servir un plan plus grand. S’ensuit évidemment une rébellion, une traque, et une confrontation, sans compter quelques événements divers comme par exemple l’implication du furet dans ses récents problèmes de voisinage. L’histoire est avant tout une mise en perspective de la part du furet, puisque qu’une grande partie de cette série est composée de monologue, de ses réflexions intérieures, ce qui n’est pas pour me déplaire, comme l’auront sûrement deviné les gens qui me connaissent. Rajoutez des dessins qui me semblaient assez originaux pour l’époque (2004 est l’année où j’ai commencé à m’intéresser à la BD de mon propre chef), et tout est présent pour me plaire.

The Nameless Shameless n°13

Comme c’est souvent le cas en Août, il y a très peu de sorties BD. J’ai donc passé les derniers jours à lire ce que j’avais déjà depuis un moment dans mes archives. Et comme j’étais trop occupé par mon déménagement, je n’ai lu que deux titres… ce qui pourrait compromettre le Nameless Shameless de ce mois-ci, si seulement ces deux titres ne représentaient pas plus de 30 volumes ! En l’occurrence, j’ai profité de mon temps pour rattraper tous le retard que j’avais sur ces deux titres. Je vais donc grouper les prix par série, puisque ces deux séries le méritent amplement, et que je ne crois pas en avoir déjà parlé récemment, vu que je n’en avais pas lu récemment.

One Piece
Scénariste : Eiichiro Oda
Dessinateur : Eiichiro Oda
Éditeur : Glénat

One Piece, c’est génial. Déjà c’est un manga avec un dessin très atypique. Si j’ai pu trouver ça moche au départ, après réflexion il s’adapte parfaitement au ton de l’histoire. Mais avant de parler de l’histoire, parlons un peu publication.

Pour celles et ceux qui l’ignoreraient, le manga est en fait une publication hebdomadaire, d’une dizaine de pages dans les magazines destinés au public approprié. Les volumes reliés qu’on achète en France ne sont que la seconde étape, à savoir une dizaine de ces épisodes hebdomadaires rassemblés un en tome. Et on constate très souvent ce découpage dans les tomes reliés. Dans One Piece, c’est même ouvertement découpé, puisque chaque épisode hebdo se termine par une petite page de bonus (le célèbre SBS qui permet d’échanger entre lecteurs et auteur), mais commence aussi par une illustration d’une page, qui au début n’était qu’un petit délire de l’auteur, mais au fil du temps est devenu un moyen d’étendre l’histoire à d’autres personnages. Plus récemment, ça a permis de raconter des événements éloignés de l’histoire principale, ce qui en plus d’être judicieux, mérite amplement un prix Teaser.

L’histoire, puisqu’on en revient à ça, c’est celle de Luffy (Monkey D. Luffy de son nom complet), un jeune garçon qui rêve de devenir un pirate. Forcément, dans un monde où le seigneur des pirates Gold Roger a révélé, juste avant d’être exécuté, que son plus fabuleux trésor, le One Piece, était caché, beaucoup de pirates ou de pirates en devenir se sont alors lancés à sa recherche, Luffy n’étant qu’un nouveau venu peu expérimenté. Luffy a cela de spécial qu’étant plus jeune, il a mangé un fruit du démon. Il existe plusieurs sortes de fruit du démon, et chacun confère un pouvoir à celui qui l’ingère. Luffy par exemple dispose d’un corps en caoutchouc qui lui permet à la fois d’absorber les chocs, mais aussi d’étendre son corps, de le gonfler, ou encore plein d’autres trucs qui ont l’air ultimement inutiles (mais pourtant über powerful). Mais le fruit du démon confère aussi un autre pouvoir, et celui là est le même pour tous ses utilisateurs, c’est celui de nager comme une enclume, ce qui est tout sauf pratique pour un marin..

La grosse partie des aventures de Luffy est toujours un peu la même, à savoir arriver sur une île, y rencontrer un gros méchant, sauver un gentil ou une gentille, rosser le méchant, faire du ou de la gentille un nouveau membre d’équipage, et bis repetita. Ça mérite un prix du potier, parce que c’est tout sauf neuf ; et pourtant, c’est à chaque fois complètement décalé. De mémoire (parce que j’ai pas relu les 40 premiers tomes depuis un moment), il commence par libérer Zorro, un bretteur hors pair qui combat avec une épée dans chaque main et une autre entre les dents, d’un capitaine de la marine un peu fêlé ; puis il va libérer Nami, une voleuse et navigatrice, de l’emprise des hommes-poissons ; il va recruter Pipo, menteur et tireur d’exception, en mettant fin aux plans du capitaine pirate Baggy le clown (qui a le pouvoir de séparer son corps en plus de morceaux différents) ; il récupère ensuite un cuisinier expert en combat au pied nommé Sandy, tout en mettant une raclée à un autre capitaine pirate ; après ça il arrête les projets d’un roi un peu fou et recrute par la même un docteur du nom de Tony Tony Chopper, qui n’est autre qu’un renne qui a mangé un fruit du démon qui l’a rendu *un peu* humain ; après quoi il va démanteler un syndicat du crime et embaucher l’un de ses membres et archéologue de renom, Nico Robin, qui a le pouvoir de faire apparaître des copies de partie de son corps (souvent les bras) un peu n’importe où (souvent dans la gueule des adversaires) ; puis il fait reconstruire son bateau par Franky, un ingénieur cyborg qui ne porte qu’un slip de bain et une chemise hawaïenne, tout en défonçant les portes d’un des QG de la marine et en démontant la gueule à l’un de ses escadrons d’élite ; enfin il va mettre fin aux agissement de l’un des sept capitaines corsaires (des pirates puissants au service de la marine du gouvernement) qui a le pouvoir de séparer les ombres des corps, transformant ainsi les gens en zombies (ce qui mérite un prix Irmou pour la forme), et va rencontrer au passage Brook, le squelette d’un pirate musicien qui avait mangé le fruit de l’immortalité.

Bref, One Piece, c’est complètement déjanté, et rien que le fait que ça tienne aussi bien depuis plus de 63 tomes (en France, il faut en rajouter 4 ou 5 pour la parution en VO) mérite un prix Continuum.

Fairy Tail
Scénariste : Hiro Mashima
Dessinateur : Hiro Mashima
Éditeur : Pika

Fairy Tail, c’est l’histoire d’une guilde de magie, justement nommée Fairy Tail, qui va accomplir différentes missions. Jusque là, rien de très étonnant. Sauf que souvent, ces missions tournent mal.

Mais là encore, avant de trop parler de l’histoire, parlons un peu de la fameuse page qui vient avant chaque épisode hebdomadaire, et qui est reproduite dans chaque tome. Là aussi, c’est souvent un prétexte pour permettre à l’auteur de se lâcher un peu. Sauf qu’Hiro Mashima se lâche tellement qu’il mérite un prix Booby Trap rien que pour ça. La plupart des héroïnes de Fairy Tail ont une anatomie outrancière, portent régulièrement des tenues qui ne doivent pas leur tenir chaud en hiver, et prennent des poses où toute subtilité est absente, tout autant que dans l’angle des prises de vues… A ce niveau là, c’est même plus du fan-service.

Mais quoi qu’on puisse imaginer reprocher au dessin de Fairy Tail, il faut rester honnête, quand son auteur ne dessine pas des paires de nibards, son talent n’est pas perdu pour autant. D’autant que dans Fairy Tail, les membres de la guilde montrent envers leurs ennemis autant de tendresse que l’orage grondant pour le cerf-volant. On est loin de Harry Potter et ses gentils petits sorts. Ici, il est question d’assommer, d’étourdir et de déchausser quelques dents. Et là, force est de constater que non seulement les bougres savent y faire, mais en plus le dessin est de la partie. Hiro Mashima a une belle capacité à faire ressentir les mâchoires qui se fracturent et les têtes qui volent. Son dessin est hyper dynamique, l’action démarre au quart de tour et comme on est souvent complètement en pleine immersion dans l’histoire, le moins qu’on puisse dire est qu’on est noyé par l’action. On pourra reprocher ce qu’on veut au style de manière générale, mais c’est pas souvent qu’un dessin donne aussi bien l’impression de mouvement (je pense que c’est du pour beaucoup à la perspective qui est finement maîtrisée), ce qui mérite pour le coup un prix Pop-Corn.

Pour l’histoire en elle même, c’est pour l’instant (on n’en est même pas à 30 tomes, donc ça n’a pas encore vraiment démarré) un enchaînement de missions, certaines volontaires et d’autres pas forcément, où certains membres de la guilde vont castagner des méchants dans les grandes largeur. Et par grande largeur, on entend par là que la plupart des primes de mission sont utilisées pour réparer les dégâts occasionnés par les combats. Parce que oui, chez Fairy Tail, on ne fait pas dans la dentelle. Si le gros méchant du jour mérite une tempête de feu, on va pas hésiter à la balancer en pleine ville, quitte à raser trois quartiers dans la seconde en même temps. Et c’est en voyant ça que je me dis qu’effectivement, soit les sorts d’Harry Potter sont parfaitement ciblés (et pas très puissants, finalement), soit ils sont complètement merdiques (oui, j’aime pas Harry). Ici, le prix Justice est mérité parce que justement, on rend justice à ce qu’est la puissance magique. On voit grand, large, et profond. Et quand on casse des gueules solides, tous les bâtiments alentours le sentent passer.

Mais ce que j’aime beaucoup dans Fairy Tail, et qui lui donne droit à un prix Lynch, c’est la multitude de ses personnages. Certes, l’action est surtout centrée autour de Lucy, une jeune fille pas très douée, mais dont la poitrine défie toutes les lois de la physique (surtout celles qui touchent à la gravité), et Natsu, un jeune tueur de dragons de feu surpuissant, mais qui est malade dans les transports en commun (et qui a une interprétation assez large de ce qui constitue un transport en commun, ce qui du coup limite beaucoup sa puissance). Mais il y a aussi Grey, le magicien de glace qui n’arrive pas à garder un pantalon plus de quelques secondes ; Erza, la fille qui terrifie presque toute la guilde et qui fait apparaître toutes sortes d’armures et d’épées (c’est toujours un bon prétexte pour la montrer sans ses armures) ; Elfman, qui peut se transformer en un monstre terrifiant et à la force décuplée, même s’il est un peu benêt sous son apparence normale ; Mirajane, la soeur d’Elfman, dont la faculté de se transformer en monstre la transforme surtout en succube SM ; Jubia, membre recrutée dans une autre guilde, qui a la capacité de manipuler l’eau et de transformer son corps en eau, ce qui évidemment n’est pas simple lorsqu’on est amoureuse d’un magicien de glace ; Gajil, lui aussi recruté à l’extérieur, tueur de dragon de fer et rival de Natsu, mais aussi agent double, puis triple, et probablement quadruple ; Malakoff, petit vieux et maître de la guilde, supposé en être son membre le plus puissant mais ne manquant jamais de se faire un tour de rein au moindre mouvement de travers… J’en passe et des meilleurs, il n’y a pas un seul personnage qui soit laissé à la traîne, chacun a son petite quart d’heure de gloire amplement mérité. Tout comme cette série finalement.