Edition précédente – Idée générale
Le prix Irmou : Blackest Night 1, Debout les morts
Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Ivan Reis, Doug Mahnke & Gene Ha
Éditeur : Urban Comics
Un titre que j’avais suivi de près lorsqu’il était paru outre-Atlantique, enfin disponible proprement chez nous (je dis proprement parce que Panini, précédent détenteur des droits DC Comics, avait fait une vaine tentative précédemment). Il est question ici d’un crossover qui démarre dans l’univers de Green Lantern, qui, après avoir découvert qu’il n’existe pas qu’une seule couleur de lanterne, mais sept au total (Jaune, Orange, Rouge, Vert, Bleu, Violet, Indigo, ça doit vous rappeler quelque chose) dont chacun est lié à une émotion (Peur, Avarice, Rage, Volonté, Espoir, Amour, Compassion), découvre maintenant qu’il existe une huitième couleur qui n’en est pas une : le noir, qui est lié à la mort (et donc par extension pour les gens pas trop mal lunés, on apprendra rapidement qu’il existe aussi le blanc, lié à la vie). Evidemment, dit comme ça, ça a l’air vachement compliqué (et je ne nierai pas que si on ne connait pas un minimum cet univers, ça l’est).
Là où c’est rigolo, c’est que c’est l’occasion pour DC de jouer à un jeu très rigolo. Les Black Lantern étant liés à la mort, seuls les morts peuvent être recrutés. Et vu que ça fait plus de 50 ans que les héros et les vilains de DC se tape sur la gueule, des morts, il y en a, aussi bien chez les bons, que chez les méchants, que chez les autres. Bah oui, les autres, ceux qui n’ont jamais rien demandé à qui que ce soit. Par exemple les parents de Bruce Wayne, tués alors qu’il n’étaient qu’un enfant. Evidemment, c’est aussi l’occasion de faire revivre plein de méchants décédés, quelques gentils (parce que ceux là ne restent pas morts bien longtemps), et même dans un moment d’anthologie, une planète entière (détruit par l’erreur d’un Green Lantern justement). Et le meilleur est pour le second tome, où on va voir tous les héros qui un jour sont morts et revenus à la vie depuis devenir eux aussi des zombie Black Lantern…
Le prix Pop-Corn : X-Men : Le complexe du messie
Scénariste : Ed Brubaker, Peter David, Chris Yost, Craig Kyle & Mike Carey
Dessinateur : Marc Silvestri, Billy Tan, Scot Eaton, Humberto Ramos & Chris Bachalo
Éditeur : Panini
Je ne suis à la base pas un grand fan des X-Men, parce que leur continuité est un vrai bordel (la faute aux scénaristes qui cherchent de nouvelles idées à raconter…). Le complexe du messie n’y fait pas vraiment exception, puisque l’une des chutes de l’histoire (attention spoiler), c’est que le Professeur Xavier est tué (par accident, mais il prend quand même une balle en pleine tête). C’est pas la première fois qu’il meurt, mais en général il meurt dans une grande décharge de lumière et son corps est réduit en poussière, ce qui permet de faire croire qu’en fait il n’est pas mort. Le truc, c’est que pour avoir lu le dernier crossover Marvel, qui s’intitule Avengers vs X-Men (tout dans la subtilité), la chute de celui ci c’est… que le professeur Xavier meurt (une fois de plus). Damn, ce sagouin revient à la vie à chaque fois pour mourir à nouveau la seconde d’après…
Au delà du fait que les grosses maisons d’éditions ne savent pas faire mourir leurs héros, ce qui est notable ici, c’est les dessinateurs réunis, en particulier trois : Marc Silvestri, qui fait de très belles choses, mais très abusées aussi (avec lui, toutes les héroïnes font du 95D et n’ont pas froid en plein alaska alors qu’elles ne portent même pas de quoi leur couvrir les jambes) ; Humberto Ramos, dont le style est rafraichissant parce que ce qu’il fait est plus un cartoon qu’une représentation de la réalité (si on considère le dessin de Silvestri comme de la réalité…) ; et Chris Bachalo qui fait un mélange des deux précédents, avec les avantages et les inconvénients de chacun. Bon, soyons franc, c’est pas la faute de Silvestri si ses héroïnes ne sont pas habillées, c’est comme ça depuis des dizaines d’années chez les X-Men.
Le prix Lynch : Avengers, La croisade des enfants
Scénariste : Alan Heinberg
Dessinateur : Jim Cheung & Alan Davis
Éditeur : Panini
Déjà à la première sortie des Young Avengers, j’avais adoré lire leur histoire. Chidren’s Crusade profite des premiers éléments qui avaient été lachés, les mêle aux problèmes liés à l’histoire de House of M (la Sorcière Rouge qui avait foutu le bordel dans la réalité), pour concocter une histoire assez tordue. Pour rappel, les Young Avengers sont une équipe officieuse dont chaque membre est lié de près ou de loin à un Vengeur existant. On a la fille de l’Homme-fourmi, le neveu (de tête) du premier Captain America (pas celui qu’on connait, un autre qu’ils ont sorti du chapeau), Le fils de Captain Marvel et de la reine des Skrulls, Kang le conquérant alors qu’il était jeune et pas trop con, une copie conforme d’Oeil de faucon, mais avec des seins et moins habillée, et pour finir, le clou du spectacle, les deux fils de la sorcière rouge, dont l’un semble avoir les mêmes pouvoirs qu’elle.
Donc se pose la question de savoir si ce fils est capable de foutre le même bordel que sa mère, et si c’est le cas, comment le maîtriser ? Evidemment, c’est le même dilemme que dans House of M, où certains veulent simplement le tuer, d’autres préféreraient jouer les chaperons. Et pendant ce temps là, histoire de bien compliquer l’ensemble, Magneto, grand ennemi des X-Men (par moment, des fois il joue dans leur camp) et père de la Sorcière rouge, vient retrouver ses petits fils pour leur dire qu’en fait, leur mère est encore en vie (quand je vous dit que les gens ont du mal à mourir chez Marvel et DC…). Et histoire de couronner le tout proprement, la Sorcière rouge est… chez le Docteur Fatalis (le grand ennemi des 4 fantastique et méchant de premier choix de l’univers Marvel). Quand je vous dit qu’ils ont fait quelque chose de tordu…
Le prix Justice : Superman, Kryptonite
Scénariste : Darwyn Cooke
Dessinateur : Tim Sale
Éditeur : Urban Comics
Je suis à la base pas un gros fan de Superman. Le fait est que, ce mec est trop abusé. Il ne craint pas grand chose, il est super fort, super rapide, souffle de la glace et il a des lasers dans les yeux. Ah oui et il vole. Bref, le type qui ne craint rien. A partir de là, qu’est ce que vous pouvez lui mettre comme ennemi valable ? Pas grand chose. Le seul ennemi à sa taille qu’on a vu un jour, c’est Doomsday, un monstre extraterrestre avec un nom anglais qui a tué Superman (sans réussir pour autant à l’empêcher de revivre par la suite…). Donc bref, je trouve toujours ses histoires un peu fades. Mais évidemment, il y a la kryptonite, le caillou vert qui rend superman super faible (en fait, il y a plein de kryptonites différentes qui ont toutes des effets différents sur superman, mais il faut croire que la postérité n’a préféré retenir que celle qui faisait à peu près sérieux).
Il est donc question ici de Superman, et de sa première rencontre avec la kryptonite. Oui, ça remonte, c’est pour ça que le style de dessin est un peu retro. Parlons du dessin justement, puisque Tim Sale est un dessinateur extraordinaire, qui sait mieux que personne faire ressortir le meilleur des dessins d’autrefois (comprendre par là que le dessin fait old school, ce qui tombe bien vu qu’on raconte une histoire qui théoriquement a eu lieu dans les années 70 je crois). Et les gens qui ont lu sa version de Spider-Man (Bleu) ou dans une moindre mesure ses versions de Hulk (Gris) de Daredevil (Jaune) ou de Captain America (Blanc. Oui, c’est pas juste une couleur, c’est le titre des bouquins qu’il a dessiné), ne pourront pas me contredire.
Le prix Perspective : Chaos Team 1.1
Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat
Éditeur : Akileos
Par les auteurs de Block 109, un nouvel extra-terrestre à plus d’un titre. là où Block 109 était une uchronie sur le seconde guerre mondiale, Chaos Team est une anticipation sur une invasion extraterrestre. Ou plutôt une anticipation après une invasion extra-terrestre. Le tableau est assez simple à cerner : les extra terrestre (qu’on voit peut dans ce volume) sont arrivés sur terre, nous ont cassé la gueule, et son repartis en orbite en laissant une bonne moitié d’humains jouer dans les ruines de la civilisation. C’est à peu près tout ce qu’on saura des aliens dans ce tome, si ce n’est qu’on se laisse entendre qu’ils reviennent parfois faire des incursions et que personne ne comprend ce qu’ils veulent vraiment.
Et donc les survivants humains se sont fédérés en petits groupes, certains rassemblés autour d’une religion, d’autre autour de groupes préexistants, et d’autres probablement à voir dans les tomes suivants. Mais c’est pas ces groupes qu’on va suivre, c’est une équipe de mercenaires (la Chaos Team), qui se vend au plus offrant pour assurer différentes mission ; sécurité, assistance sur le terrain, assaut, etc… Evidemment, dans un monde en ruine, c’est plus tout à fait pareil qu’avant l’invasion des extra-terrestre, surtout quand on a besoin de renouveller certains membres de l’équipe. Bref, une vision intéressante de la guerre menée par des mercenaires, le tout dans un environnement post-apocalyptique bien décrit.
Le prix Booby Trap : Assistante Executrice 1, Iris
Scénariste : David Wohl
Dessinateur : Eduardo Francisco
Éditeur : Delcourt
Encore une de ces BD qui aurait gagnée à ne pas être traduite. Le titre anglais (Executive Assistant Iris) était autrement plus amusant. Mais bon, ici, on ne vient pas pour la qualité de la traduction. Le principe d’Executive Assistant, c’est qu’une bande de gamines sont recueillies dès leur plus jeune age, puis entrainées pendant des années à toutes formes de combat, d’armes, et de tactiques militaires, pour ensuite être vendues à de riches hommes d’affaires qui veulent un garde du corps avec des seins et capable de tuer leurs concurrents au moindre coup d’oeil. L’Executive Assistant de base doit satisfaire à toutes les demandes de son maître, et ça va évidemment dans les dérive qu’on peut imaginer. C’est pas grave elles ont été entrainées pour ça aussi.
Iris est donc l’une de ces assistantes qui passe sa journée en tailleur et talons aiguilles, et ses nuit en combinaison noire moulante histoire de tuer les méchants à coup de sabre tout en agitant ses attributs devant le lecteur ébahi. Sauf que, évidemment, et c’était gros comme une maison, un jour son employeur va la contrarier, et elle va se dire que son employeur aussi est un méchant, ça tombe bien, elle en execute tous les soirs. Et elle va donc partir en guerre contre son ancien maître, perdre des choses auxquelles elle tenait dans la bataille, et découvrir d’autres choses, qui ne sauraient que mener à un second tome, où on verra encore plus d’Executive Assistants à moitié à poil se battre contre des méchants qui ont des gros flingues mais visiblement pas un poil de talent.
Le prix That’s All Folks : Hellboy 13, L’ulitme tempête
Scénariste : Mike Mignola
Dessinateur : Duncan Fegredo
Éditeur : Delcourt
Hellboy, c’est un titre dont je n’ai pas beaucoup parlé ici jusqu’à présent, non pas parce que c’était pas bien, mais parce que j’attendais la fin pour le lire en entier. C’est donc chose faite avec ce treizième tome, qui conclut les aventures d’Hellboy… avant de les recommencer dans le prochain tome à paraître (qui sera un tome 1 en plus). Non, Hellboy n’est pas mort et ne va par revivre dans ses prochaines aventures. Enfin, … (attention spoilers), si, il est bien mort. Mais il ne reviendra pas. C’est pour ça qu’en anglais (j’attends de voir la traduction calamiteuse en français), la suite s’appelle Hellboy in Hell. Oui, c’est un peu joué sur les mots, mais je trouve que ça ouvre des perspectives intéressantes, et pour la peine, ça vaut bien qu’on recommence la série au numéro 1.
Et donc, Hellboy, qui est venu au monde destiné à le détruire en réveillant les sept qui sont un, le dragon,l’Ogdru Jahad, va enfin savoir s’il peut changer sa destinée et ne pas mener notre monde à sa perte, mais bien le sauver de tous ces monstres et de la sorcière Nimué en particulier, qui semblent avoir attendu sa venue pour mettre leur plan en marche, avec ou sans lui. Pour l’occasion, c’est la première fois qu’on voit Hellboy vraiment blessé (je ne parle pas des quelques égratignures qu’il a pris dans les tomes précédents, il n’en a jamais gardé la moindre marque), chose est est d’ailleurs bien masqué sur la couverture où on ne voit pas qu’il lui manque un œil. Et oui, donc, il meurt à la fin, mais pas le monde avec lui.
Le prix That’s All Folks : B.P.R.D. 11, Le roi de la peur
Scénariste : Mike Mignola & John Arcudi
Dessinateur : Guy Davis
Éditeur : Delcourt
En parlant de la fin d’Hellboy, on ne peut que parler de la fin de B.P.R.D., le spin-off d’Hellboy, qui suit donc les traces du Bureau for Paranormal Research and Defense (je le donne en anglais historie de coller à l’acronyme), à partir du moment où Hellboy l’a quitté (le tome 6 d’Hellboy je crois). Onze tomes où on a vu défiler pas mal de figures… Toujours les grands classique comme Abraham Sapien l’homme poisson, ou Liz Shermann la pyrokinétique, en passant par Roger l’homoncule, le capitaine Daimio le jaguar-garou et Panya la momie aztèque pas vraiment morte. Et quelques humains pour bien ancrer l’histoire dans la réalité. Enfin, bon, ce qui reste de la réalité.
Parce que là où Hellboy s’évertuait à suivre les trace d’une seule personne et de le voir affronter quelques monstres jusqu’à ce qu’il finisse par trouver le bon, B.P.R.D. voyait les choses en grand, avec un arc qui s’appelait (en anglais toujours) Hell on Earth. Oui, eux ont eu droit à une invasion de monstres grenouilles, à l’arrivée de gigantesque monstres tentaculaires qui ont dévasté des villes entières, à des monstres à forme plus ou moins humaine qui imaginaient régner sur terre, et d’autres qui voulaient juste apporter le maximum de monstres bizarroïdes pour la réduire en cendre. Chez eux, on a donc affaire à de grosses menaces qui n’ont rien à envier à l’Ogdru Jahad. Et eux aussi seront rebootés en même temps qu’Hellboy dans les prochains temps.