Ca faisait longtemps que j’avais pas eu d’accidents à vélo, tiens… Bon, je tiens à rassurer l’auditoire, je suis intacte, pas de fracture comme la derniere fois. Reprenons les éléments du début.
Je roulais donc sur une piste cyclable, qui traversait une route. Une voiture arrive par la gauche, me coupe le passage, mais suffisamment tot pour que je passe derriere elle sans inquiétude. En passant derriere la voiture en question, je me retrouve face à un autre cycliste. On avait facile 10m d’écart, donc je décide de retourner sur ma voie de droite pour lui laisser le passage libre. Lui décide de se décaler sur sa gauche pour me laisser passer. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, ma droite = sa gauche. On se retrouve donc à nouveau face à face, mais un peu plus pres. Je suis conciliant, et donc je retourne sur la voie de gauche pour lui laisser le passage à droite, même si c’est idiot. Tellement idiot qu’il retourne à sa droite, c’est à dire en face de moi. Habituellement, dans ce genre de situation, je continue tout droit et je change plus de direction, parce que de toute façon, il va aussi changer. Dans ce genre de situation, il vaut mieux trouver quelqu’un qui décide d’arrêter de tourner en rond, et généralement, c’est le cycliste avec le plus d’expérience qui y pense. Mais j’ai encore plus d’expérience, et son dernier coup de guidon me dit que mon protagoniste est completement à la masse, et que si je file droit, d’une façon ou d’une autre, je vais l’emplâtrer, parce qu’il n’aura pas la distance nécessaire pour manÅ?uvrer. Je prends donc la seule mesure intelligente qu’il reste : je pile. Je m’arrête et je repartirai quand il sera derriere moi. En plus, ça lui laisse encore plus de marge pour m’éviter, que ce soit par la droite, la gauche, ou un triple salto, que sais-je. Vous le croirez ou non, cher lectorat, mais j’ai pas bougé d’un poil, je l’ai vu arriver, et il s’est encastré directement dans mon vélo. Ce con a continué tout droit, alors qu’il avait au moins 5m pour dévier et que j’étais à l’arrêt le plus total. Il n’a d’ailleurs même pas fait mine de ralentir, en fait.
La légende retiendra (ou pas) qu’il a vu ma tête devenir rouge, mes sourcils prendre une drole de tournure, et que ses dons de divination lui ont permis de deviner que c’est le mot “connard” que j’étais en train d’inspirer pour lui cracher à la gueule ; et donc qu’il a chevroté un petit “pardon” avant de s’enfuir au large.
Pas de blessés, si ce n’est mon vélo qui a un petit poc de rien du tout, et quelques piétons qui doivent encore bien se marrer à l’idée de la tronche que j’ai tiré.
Ah si les gens maîtrisaient leur vélo aussi bien que moi…