The Nameless Shameless n°10

Le prix Irmou : Wolf-Man tome 2
Scénariste : Robert Kirkman
Dessinateur : Jason Howard
Éditeur: Glénat Comics

Bien que les deux tiers des titres de ce mois-ci puissent obtenir le prix Irmou, Wolf-Man sort ici en tête. Une bête velue ? Checked. Une créature avec des dents pointues ? Checked. Une adolescente rebelle et un peu gourdasse ? Checked. L’analogie à Twilight s’arrêtera néanmoins là, parce que sinon, je ne l’aurai même pas lu, faut pas déconner.

Plus globalement, c’est un type qui se fait mordre par un loup-garou et en devient un lui même. Il décide d’en profiter pour devenir un super-héros, et protéger la veuve et l’orphelin, aidé en cela (et surtout entraîné) par un vampire. Mais à peine la fin du premier tome arrivé, ledit vampire tue plus ou moins accidentellement la femme de Wolf-Man, et s’enfuit au moment où celui ci arrive à la rescousse de sa chère et tendre. Arrive enfin la fille de Wolf-Man (comme quoi, être un loup-garou n’interdit pas d’avoir une vie de famille), qui, de son point de vue, voit son loup-garou de père penché sur le cadavre sanguinolent de sa mère ; elle en conclut donc qu’il l’a tuée, et lui colle les force de l’ordre aux fesses. S’ensuit une quête pour retrouver le tueur de sa femme, et convaincre sa fille de son innocence. Le fugitif en version lycanthrope, en fait.

Le prix Lynch : Daytripper
Scénariste : Fabio Moon & Gabriel Ba
Dessinateur : Fabio Moon & Gabriel Ba
Éditeur: Urban Comics

Daytripper fait partie de ces BD qui ne sont pas nativement mon premier choix, et où je me dis que ça serait plutôt un choix pour d’autres personnes de mon entourage (Fear s’il est encore dispo à Noël). Mais c’est une de ces histoires qui parlent de la vie, et qui sans s’effondrer dans la philosophie facile, sont touchantes à plus d’un titre.

Daytripper, c’est une histoire de mort et de vie. Ca raconte la vie d’un journaliste nécrologique, ce qui démarre avec une belle allégorie. Sans rien spoiler, il meurt à la fin du premier chapitre. Et comme il faut justifier le prix Lynch, il vit au début du second chapitre. Et meurt à la fin de ce chapitre. Et vit au début du troisième. Et meurt à la fin… Chaque chapitre montre une période de sa vie, et finit presque inlassablement par sa mort (et sa nécrologie). Cela dit, ça n’est qu’une figure de style pour montrer l’importance du récit. Le cœur du récit s’attache à montrer ce qui fait les moments importants de la vie, et du peu de choses auxquelles ils tiennent. Et ça touche du doigt un des trucs qui me font hurler : l’expression « C’est le plus beau jour de ma vie ». Un seul jour ne fait pas une belle vie, c’est une collection de petites choses qui sont liées les unes aux autres. Arriver à garder la poésie de la vie dans ces différents chapitres aurait presque pu m’arracher une larme si j’avais été plus en phase avec la conclusion de ce récit (qui n’en est pas moins bon, mais qui me parle moins).

Le prix du potier : B.P.R.D. 10 : La déesse noire
Scénariste : Mike Mignola & John Arcudi
Dessinateur : Guy Davis
Éditeur: Delcourt

Pour les gens qui l’ignorent, B.P.R.D. (Bureau for Paranormal Research and Defense) est un spin-off de Hellboy, autre série extraordinaire sur la durée. En soi, c’est un tome de plus où on parle d’anciens dieux lovecraftiens, de monstres surréalistes, et d’un futur bien sombre.

Mais c’est toujours aussi bien raconté, les événements sont toujours aussi bien articulés, et l’idée générale que le futur n’annonce rien de bon est toujours aussi dépressive. C’est justement le genre de futur que j’aime, parce qu’il oblige à fonder l’histoire sur l’espoir que rien n’est écrit et que chacun peut changer le cours des choses. Et donc ici, le B.P.R.D. part à la recherche de Liz Shermann, la pyrokinétique du groupe, qui a été enlevée. Et comme rien n’est jamais laissé au hasard dans les histoires du B.P.R.D., resurgissent la plupart des monstres rencontrés jusqu’à présent, des grenouilles aux gigantesques horreurs sans nom (ou alors je l’ai plus en tête), pour partir à l’assaut de la forteresse des neiges à la frontière sino-iakoute. Des tentacules, de la bave ectoplasmique, des couleurs fluos, et la fin de l’humanité ; c’est pas bien neuf, mais ça fait plaisir quand c’est aussi bien raconté.

Le prix Teaser : Anna Mercury 1, sur le fil du rasoir
Scénariste : Warren Ellis
Dessinateur : Facundo Percio
Éditeur: Glénat Comics

Rien que le nom de Warren Ellis sur la couverture, c’est un sacré teaser. Mais il faut avouer que la couverture (le dessin, j’entends) est parlante, et pour le moins aguicheuse. C’est aussi à ça qu’on reconnaît un bon Warren Ellis. Il faut avouer qu’il sait s’entourer de bons dessinateurs, que bien souvent, je ne connaissais pas (même si ici je note une faute de proportion qui me saute à la gueule à chaque fois que je regarde cette couv).

Anna Mercury, donc, est un agent gouvernemental complètement tarée, et habilitée à mener des opérations sur l’un des neuf univers de poche orbitant autour de la terre. Elle est extravagante, violente, armée, et a un grappin qui a une forme évocatrice. Et la voilà donc partie sur l’un de ces univers de poche pour empêcher deux états de se mettre sur la gueule à grand coup d’armes de destruction massive qui tournent au magnétisme. Mis à part quelques pages pour expliquer un peu le principe, le reste de la BD se résume à un concentré d’action incessant axé essentiellement autour du personnage totalement désaxé d’Anna Mercury, mais aussi des bons personnages annexes qui sont comme toujours bien travaillés, le tout dans un univers totalement délirant mais pas moins crédible pour autant. Du bon Warren Ellis, donc.

Le prix littéraire : Cherub 1, 100 jours en enfer
Scénariste : Robert Muchamore & Ian Edginton
Dessinateur : John Aggs
Éditeur: Casterman

Encore une découverte que je dois à mon libraire favori, et qui se trouve par ailleurs être l’adaptation d’une série de romans jeunesse, à priori britanniques si j’ai bien suivi. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la lecture de cette BD m’a donné envie de lire les bouquins originaux, quand bien même ils sont considérés comme de la lecture pour jeunes ados. On se refait pas.

Et j’aurai même tendance à considérer l’idée de base comme originale, même si elle a déjà du être utilisée des milliers de fois.  Il est question ici d’un jeune garçon d’une dizaine d’année (bah il faut bien cibler son public) qui se retrouve orphelin, et emmené dans un institut un peu spécial, où on va l’entraîner à devenir un agent secret jusqu’à l’age de ses 17 ans. C’est vrai que des agents secret pré-pubères, on s’y attend pas, qu’on soit un autre agent secret, ou un terroriste de renommée mondiale. La première moitié du bouquin traite de son entraînement, la seconde de sa première mission d’infiltration. C’est là que l’histoire prend toute sa mesure, à savoir qu’un ado n’aura jamais la même répartie que James Bond, et que tout est forcément compliqué quand on a à la fois les hormones qui commencent à titiller le cerveau, tout en ayant le sex-appeal d’un babybel.

Le prix Justice : Turf 1
Scénariste : Jonathan Ross
Dessinateur : Tommy Lee Edwards
Éditeur: Emmanuel Proust

Un autre titre que je dois à mon libraire, bien que j’ai quand même un reproche bassement matériel à faire sur celui là : 15,50€ pour à peine 90 pages en format comics, ça fait mal au cul. Au delà de ces considérations, il faut néanmoins reconnaître qu’on tient entre les mains un très bon crossover qui fait honneur au genre. Je parlerai pas de trucs honteux comme Cowboys vs Aliens, Zombies vs Robots ou autres tentatives aux motivations assez louches. Turf, ça pourrait être Vampires vs Aliens vs Al Capone… C’est sur que dit comme ça, ça perd un peu de son sérieux.

Donc oui, les vampires envahissent les gangs de New York pendant la prohibition. Bon, ils font ça subtilement, allant même à se faire passer eux-même pour un gang (ce qu’ils sont d’une certaine manière). Et là dessus, vient s’écraser dans les bas-fonds un vaisseau extra-terrestre. Oui, ils avaient vraiment pas de bol en ce temps là. La merveille est surtout scénaristique (bien que le dessin ne soit pas en rade), parce que Jonathan Ross arrive à bien développer aussi bien l’univers des vampires (assez étoffé il faut dire) que celui des gangsters et des autres humains à peu près normaux en cette période, que celui des aliens (dans une certaine mesure, parce qu’ils n’ont pas encore eu l’occasion de beaucoup se montrer). En plus, la série s’arrête au deuxième tome (heureusement, parce que vu le prix, ça m’aurait coûté cher à compléter).

Le prix Perspective : N.
Scénariste : Stephen King & Marc Guggenheim
Dessinateur : Alex Maleev
Éditeur: Glénat Comics & Albin Michel

Une adaptation d’une nouvelle de Stephen King qui aurait pu mériter le prix littéraire, mais ça aurait été un peu injuste dans la mesure où la plupart des adaptation de King en comics sont parfaitement valables pour ce rôle. Non, c’est un peu trop classique pour rentrer dans mes standards ! Je préfère un autre prix qui met plus en valeur l’histoire bien décalée dans laquelle je me retrouve pas endroits.

Et donc N., c’est le nom du patient dont un psychologue nous raconte l’analyse qu’il en fait. Suite à une vieille légende urbaine qui a la carne dure, celui ci va photographier un petit coin perdu qui n’apparaît sur aucune carte, et où se trouvent sept rochers en cercle. Sauf qu’à travers l’objectif de l’appareil, il en compte huit. Vue de l’esprit ? Ou réalité mystique ? C’est le début de la spirale qui va entraîner N. vers tout un tas de désordres, essentiellement des TOCs, et qui va le mener au final au suicide. L’histoire serait assez bizarre si elle s’arrêtait là, mais en bon curieux, le psy va lui aussi faire un tour à cet endroit, et constate lui aussi cette bizarrerie. Sept pierres. Ou peut être huit. Et commence alors une épidémie de suicides dont N. semble finalement ne pas être le patient zéro. Tout le coté mystique de l’histoire semble finalement éclipsé par le coté médical de l’affaire. Les TOCs peuvent ils être contagieux ?

Le prix That’s All Folks : Nocturnes Rouges 7, un soupçon d’humanité
Scénariste : Emmanuel Nhieu
Dessinateur : Looky
Éditeur: Soleil Production

Arriver à la fin d’une série (7 tomes, en franco-belge, c’est pas rien), ça se soigne. D’où ce nouveau prix pour l’occasion. J’avais bien aimé le premier cycle de Nocturnes Rouges (tomes 1 à 4), et j’avais de bons espoirs pour le second (et dernier, tomes 5 à 7). Tous mes espoirs ont été déçus, c’est le moins qu’on puisse dire.

J’avoue, j’avais feuilleté le tome 5 et j’avais décidé d’attendre d’avoir tout le second cycle pour commencer sérieusement ma lecture. Et ça commence bien. Plein de nouveaux personnages, plein de nouvelles perspectives, plein de nouvelles possibilités. Et tout ça se termine en trois tomes… Ou plutôt non, ça ne se termine pas en trois tomes. Ce qui se termine en trois tomes, c’est l’histoire de Nocturnes Rouges. Et bien que j’en sois frustré au plus haut point, je dois admettre que c’est bien joué. Tout ces développements n’ont servi qu’à nous rappeler que c’est l’histoire (la belle histoire) d’un personnage qu’on suit, et pas celle des autres. Et ça nous laisse rêver sur ce que deviendront les autres (bien que ça ne sera probablement jamais écrit, mais je l’ai déjà assez raconté, l’imagination est un fruit rare dont je me délecte à chaque fois que je le peux). Et donc histoire de mettre l’eau à la bouche, ce second cycle aborde la fin de l’humanité alors que les vampires et démons ont pris le pas sur les humains, et nous raconte les derniers espoirs de l’humanité en même temps que la quête de vengeance May. J’en dirai pas plus au risque de briser le charme.

2 réflexions au sujet de « The Nameless Shameless n°10 »

  1. J’avais adoré le comics N., qui me parle énormément sur mes TOCs à moi, qui sont tout de même moins envahissant et surtout moins effrayants. ;)

    C’est moi ou ça manque de zombies ce mois-ci?

  2. Ouais mais en échange, il y a plein de vampires, de garous, et de monstres tentaculaires. Faut savoir varier les plaisirs :)

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