Le prix Irmou : Bêtes de somme tome 1 : Mal de chiens
Scénariste : Evan Dorkin
Dessinateur : Jill Thompson
Éditeur : Delcourt
Ma sélection de ce mois est forcément un peu chamboulée par mon déménagement, mais j’ai quand même réussi à trouver un titre qui ferait plaisir à Madame Irma. Comme le montre la couverture, il y est question de chiens, ce qui va évidemment mener à des loups-garous. Mais pas que. Dans Bêtes de somme, c’est tout un conclave de chiens (et un chat de gouttière) qui va défier les puissances surnaturelles qui sévissent dans leur
quartier. On aura donc droit à une niche hantée, des rituels magiques, un dieu crapaud géant, des zombies décharnés, et bien sur un loup garou…
Au delà de ça, les dessins ,inhabituels pour du comics (tout autant inhabituels que le sujet lui-même), tombent finalement assez justes, en particulier avec les poses ou les expressions des chiens (et je dis ça parce que je connais mon sujet). Qui plus est, toute l’histoire est fort justement livrée avec la perspective des chiens, qui considèrent les humains certes comme leurs maîtres, mais ni plus ni moins que comme des bêtes stupides. Ca et les expressions canines habituelles dépeintes ici en font une lecture à ne pas manquer.
Le prix Lynch : Batman : La cour des hiboux
Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Greg Capullo
Éditeur : Urban Comics
J’ai tendance à considérer Batman comme un héros aussi compliqué que Spider-Man ou Superman quand il s’agit de raconter une histoire. Dans la mesure où ils ont presque déjà tout fait, c’est pas simple de raconter une nouvelle histoire, qui plus est intéressante, à leur sujet. C’est pour ça que quelque part, j’ai trouvé intéressant le soft-reboot de DC
l’année dernière, et qui a mené à ce premier tome de la nouvelle version du Batman. Et ici, en matière de scénario tordu, il y a de quoi faire. En l’occurrence, en essayant d’élucider une série de meurtres bizarres, Bruce Wayne découvre un complot, une société secrète, des secrets de famille, et une armée de mercenaires qui ressemblent fortement à Batman lui-même. Ca plus une séquence d’hallucination de Batman qui n’est pas sans rappeler Enfer blanc (un de mes story-arc favori). Rajoutez à cela les dessins de Greg Capullo, ancien dessinateur de titres magnifiques comme Spawn ou Haunt, et on obtient un cocktail détonant.
Le prix du potier : Courtney Crumrin et l’apprentie sorcière (tome 5)
Scénariste : Ted Naifeh
Dessinateur : Ted Naifeh
Éditeur : Akileos
C’est un peu ironique de donner ce prix à un titre de Courtney Crumrin, mais il faut dire qu’on a ici tout ce qu’il faut pour un bon potier. Quoi de neuf chez Courtney, donc ? Bah j’ai toujours trouvé que ses histoires délirantes sortaient des sentiers battus, et j’ai loué le fait que peu de tomes permettaient de ne pas diluer l’intrigue générale. Mais quand on en arrive au cinquième
tome, il faut trouver des nouvelles choses à raconter. Et j’avoue que l’idée d’adjoindre une apprentie sorcière à Courtney me semblait un peu basique. Depuis quand Courtney a une sidekick ?! Effectivement, cet arc là sent un peu le déjà vu, mais là où c’est bien amené, c’est que tout ce passage un tant soit peu classique sert à amener des changements fondamentaux dans la vie de Courtney, changements qui seront évidemment amenés par un classique scénaristique sans pareil (mais néanmoins très judicieux) : la mort d’un personnage majeur. C’est facile, c’est basique, mais ça marche finalement très bien.
Le prix Teaser : Green Lantern : Sinestro
Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Doug Mahnke
Éditeur : Urban Comics
J’ai toujours beaucoup aimé les histoires du corps des Green Lantern, non seulement parce que c’est finalement assez loin des classiques de l’univers DC comme Batman ou Superman, mais également parce que c’est des aventures qui dépassent de loin le cadre de la terre. Après tout, pourquoi toutes les histoires de super-héros se concentreraient sur la terre, alors que la plupart de leurs pouvoirs proviennent d’autres dimensions ou de planètes lointaines ? Qui plus est, l’histoire du corps des Green Lantern ne se focalise pas que sur un personnage (même
s’il est souvent question de Hal Jordan) ; il est souvent question des autres Green Lantern. Et c’est le cas ici, comme c’est proprement teasé par cette magnifique couverture qui résume bien toute l’ambiguité de cette première histoire après le soft-reboot dont j’ai parlé ci-dessus pour Batman. Ici, le pire ennemi des Green Lantern, Sinestro, ancien Green Lantern lui-même, traître à la cause et créateur du terrible Sinestro Corps (les lanternes jaunes…) qui a notamment décimé les rangs des Green Lantern, se retrouve forcé d’endosser à nouveau le rôle de Green Lantern, en particulier le rôle qui était avant détenu par le meilleur Green Lantern connu, à savoir Hal Jordan justement, récemment destitué de son rôle.
Le prix littéraire : Block 109 : Ritter Germania
Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat
Éditeur: Akileos
Une nouvelle histoire dans l’univers de Block 109, une uchronie où l’Allemagne gagne la seconde guerre mondiale (pour faire court, c’est évidemment plus subtil que ça). Chaque autre histoire parue présentait certains aspects de cet univers (puisque Block 109 se suffisait à lui même en terme de scénario). Ritter Germania de fait pas exception.
Le Ritter Germania est l’icône allemande par définition, le héros qui mène les troupes à la guerre, le Captain America de cet univers décalé. Mais alors que les allemands on déjà défait presque tous leurs ennemis, Le Ritter Germania est mis à la retraite. Et le voilà de retour quelques années après, à assassiner des hauts dignitaires de l’armée allemande. Pourquoi fait-il ça ? S’agit-il bien du Ritter Germania, ou d’un copieur qui aimerait lui faire endosser ses crimes ? Et comment l’arrêter avant qu’il ne décime toute la hiérarchie allemande ? Parce qu’il est bien question de personnages historiques ici, et d’intrigues de pouvoirs, dont certaines ont certainement eu lieu d’une autre manière pendant la seconde guerre mondiale. C’est du coup assez intéressant de voir l’histoire déformée mais néanmoins proche de la réalité qu’on connaît.
Le prix Justice : Punisher MAX tome 4 : Frank
Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Steve Dillon
Éditeur : Panini Comics
Rendre Justice au Punisher, c’est pas chose simple. Mais c’est vrai que ce tome aborde une problématique que je m’étais souvent posé. Pour rappel, le Punisher est un type dont la famille a été victime colatérale d’un règlement de compte entre gangs mafieux rivaux. Depuis ce jour, Frank Castle revêt l’habit du Punisher pour aller flinguer tous les criminels séance tenante, ce qui du coup le met en opposition non seulement avec toutes
les organisations criminelles du pays, mais aussi avec les super-héros de l’univers Marvel, pour qui abattre les criminels n’est pas une solution en soi. Du coup, au cours de tous les épisodes qu’on a pu lire, le Punisher a frappé vite, dur et fort, mais a pris cher aussi. Et il s’est toujours relevé aussi fort qu’avant, pour continuer à casser du méchant. Mais pour une fois, voilà qu’on nous montre le Punisher en morceaux suite à son dernier combat, en prison, et entouré de types qui ont tous forcément une dent contre lui. Et de le voir douter de lui, de sa causes, et des raisons de son engagement. L’homme le plus impitoyable du monde en proie au doute, et prêt à accepter sa mort comme inéluctable, c’est ça, rendre justice au Punisher.
Le prix Continuum : Spawn, la saga infernale tome 2 : Abus de confiance
Scénariste : Todd McFarlane, Jonathan David Goff, Will Carlton
Dessinateur : Szymon Kudranski
Éditeur : Delcourt
La saga infernale, c’est le reboot-qui-n-en-est-pas-un de Spawn, un anti-héros mythique chez les super-héros. Mais il est vrai qu’arrivé à 200 numéro de publication, aussi complexe que soit le personnage, on en a quand même un peu fait le tour. D’où l’idée assez énorme de régler la problématique de façon inattendue : Al Simmons, le rejeton infernal nommé Spawn, qui a passé des années à se rebeller
contre ses maîtres, décide de régler enfin ses problèmes avec la seule solution qu’il lui reste : mourir. Pour autant, la série ne s’arrête pas ici, et le costume du Hellspawn va se chercher un nouvel hôte en la personne de Jim Downing, qui était dans le coma depuis des années, ce qui pour le coup change pas mal la donne. Ca reprend toute l’histoire du début, alors que Spawn apprend ses nouveaux pouvoirs, et on retrouve les grands classiques du début, notamment en la personne du Violator (un démon en forme de clown et avec un très mauvais caractère) qui avait déjà donné du fil à retordre à Al Simmons. Mais avec un homme au caractère et aux motivations différents, ça permet d’appréhender l’histoire d’une façon nouvelle et pas déplaisante.
Le prix Perspective : Absolution tome 1
Scénariste : Christos Gage
Dessinateur : Roberto Viagava
Éditeur: Glénat Comics
J’étais un peu dubitatif au départ par cette pseudo histoire de Punisher. Du moins c’est comme ça que je la voyais au départ. Mais c’est un peu plus subtil dans la mesure où Absolution aborde le sujet avec une perspective bien différente de notre exécuteur favori.
Ici, le super-héros John Dusk se retrouve confronté à l’horrible réalité du combat contre le crime : parfois, le crime est tout simplement horrible, et parfois même, on ne peut rien y faire… Et il en fait des cauchemars. Attraper le criminels, les livrer à la justice, et voir ladite justice parfois incapable d’empêcher ces criminels de nuire à nouveau. C’est là qu’il franchit la ligne, et décide de débarrasser le monde de certains des criminels auxquels il a affaire. Mais cela n’est plus dans ses attributions gouvernementales, et donc il doit masquer ses actions, mentir à ses proches, et agir d’une façon qui le répugne. Et de suivre tout le cheminement psychologique qui mène un héros au statut de renégat, puis de criminel. Et de se poser la question de savoir s’il a vraiment tort.